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Le business de vos émotions

Envoyé spécial


diffusion le jeudi 16 mai 2019 à 21h15 sur France 2

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–  C'était une tribune pour répondre à ce moment-là. Mais c'est de la com! Il aurait fallu que ce soit marqué "en partenariat avec l'agence de communication de Monsanto" en dessous de mon nom. Les autres travaillent comme ça... Quand vous faites du journalisme, vous faites un travail en équipe, les gens vous relisent, vous corrigent...
– Vous vous sentez une équipe avec Monsanto?
– S'ils veulent...
– Aux Etats-Unis, cela porte un nom, le "ghostwriting", l'écriture fantôme. Un tour de passe-passe pour faire signer par des scientifiques en apparence indépendants des textes qu'une grande société a elle-même
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– Ce texte aurait été revu, corrigé et mis en forme par Monsanto, ça s'appelle du ghostwriting...
– Oui, et alors?
– Vincent ne voit pas le problème. Transparent, il va jusqu'à nous laisser filmer quelques mails... Des échanges avec la fameuse Julie Dramard ou encore avec Red Flag, l'entreprise de lobbying à Dublin. On lui propose d'écrire une tribune pour "Ouest-France", d'appeler France-Inter ou une élue écologiste... Il est en fait très sollicité par les agences de com de Monsanto.
– J'ai la sensation en lisant cela que vous avezjuste rajouté une phrase sur votre utilisation du glyphosate...
– Dans un mail, la tribune publiée par "Les Echos" semble livrée quasi prête à Vincent Guyot.
– Les corrections, c'est moi.
– Et en noir, c'est eux? Vous comprenez qu'on a la sensation qu'il y ait une manipulation de l'opinion, qu'ils mettent dans votre voix des propos qu'eux pourraient tenir.
– Ils cherchent à informer les utilisateurs et puis c'est tout. Par rapport à un témoin de ce que peut apporter le glyphosate dans son utilisation.
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