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Le business de vos émotions

Envoyé spécial


diffusion le jeudi 16 mai 2019 à 21h15 sur France 2

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– Parfois, je lui demande s'il a mal, s'il a des blessures. Généralement, il n'a pas de blessures apparentes mais je ne peux pas m'empêcher d'y penser, vu sa petite taille.
– Comme 80% des enfants de l'école, Sin Chan et son grand-frère de 9 ans vivent avec leur grand-père. Leurs parents sont partis à Bangkok, à 500 kilomètres de là, chercher du travail. Le grand-père élève les enfants avec l'argent envoyé par le couple et depuis un an, avec les primes gagnées par les deux garçons à la boxe.
– C'est votre chambre?
– Oui, je dors là, grand-père ici et Sin Chan là...
– Sin Chan et son frère ont déjà gagné près de 150 euros en boxant, l'équivalent du salaire de leurs parents.
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– Cela aide beaucoup notre famille.
– Et vous faites quoi de cet argent?
– Mon frère donne tout à grand-père mais moi, parfois, je gagne 3 ou 4 C'est un travail.
– Mais vous êtes des enfants...
– Je sais mais je dois gagner de l'argent pour aider.
Je ne dois pas laisser mes parents travailler seuls. scolarité et de quoi améliorer le quotidien. Parfois, ils me demandent un ou deux euros pour se faire plaisir, je leur donne... Moi, je ne m'autorise rien.
– Cela ne vous dérange pas quand ils disent qu'ils boxent pour aider la famille?
– Ils disent souvent qu'ils veulent aider. Cela m'arrive d'avoir les larmes aux yeux quand j'y pense. C'est sûr, les petits boxeurs sont des enfants issus de familles pauvres. Les riches, eux, ne veulent pas voir leurs enfants se prendre des Le grand est très sensible. Si on continue à parler de ça, il va pleurer.
– Pour le moment, le grand-père de Sin Chan n'envisage pas de se séparer des garçons. Mais l'espoir d'une vie meilleure pousse d'autres familles à faire un choix radical: les envoyer au loin, dans des camps entièrement dédiés au combat. C'est une routine faite d'efforts et de sueur...
– Allez, plus vite, plus vite!
– A 150 kilomètres plus au sud, dans ce camp, 10 garçons s'entraînent cinq heures parjour.
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