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Le business de vos émotions

Envoyé spécial


diffusion le jeudi 16 mai 2019 à 21h15 sur France 2

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–  Ce serait extraordinaire, si nous étions des magiciens, tout serait fait tout de suite. Les patients sortiraient immédiatement guéris. Vous l'avez vu, les procédures sont longues et les interventions parfois nombreuses. Le résultat tarde un peu.
– E. Lucet : Mais c'est spectaculaire!
– La beauté de cette chirurgie, c'est qu'elle est très visible.
– E. Lucet : C'est un drôle de mélange, cette chirurgie maxillo-faciale... On se dit qu'il y a d'un côté de la menuiserie et de l'autre de la dentelle!
– C'est ce qui fait l'intérêt de notre spécialité. Pendant la même intervention, on va faire de l'orthopédie, on va scier de l'os, et puis on va faire de la microchirurgie avec des loupes, des fils extrêmement fins... On va aller disséquer des tissus...
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– E. Lucet: Et un esprit d'équipe incroyable?
– On doit s'aimer beaucoup et travailler beaucoup ensemble.
– E. Lucet : Chaque patient a une histoire particulière. Il est difficile pour vos patients d'accepter un nouveau visage. C'est plus important pour eux que le cancer, avec pourtant un pronostic assez grave?
– C'est vrai que les cancers de la face ont en général un pronostic sombre. Mais très rapidement, la question de la survie sociale passe au premier plan. Comment vais-je faire pour manger, pour m'exprimer? A quoi vais-je ressembler? Ce sont des questions qui reviennent très vite au premier
– E. Lucet : En fait, votre pari, c'est que vos patients passent inaperçus?
– C'est notre but. On n'essaie pas de les rendre très beaux, on cherche à obtenir qu'ils puissent manger en famille, à être intelligibles au téléphone et à se promener dans la rue.
– E. Lucet : Tout cela se passe dès l'annonce du diagnostic?
– Il y a un contrat qui se crée très vite. Après un quart d'heure de consultation, les patients disent: "j'ai confiance". On ne se connaît pas vraiment mais cette confiance est indispensable.
– E. Lucet : Ils sont dans une situation extrêmement grave, vous prenez du temps... Et vous ne prononcez jamais le mot "cancer"?
– Pas avant que le patient le prononce lui-même. On n'est pas là pour asséner des vérités parfois très dures à entendre.
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