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Ça commence aujourd'hui


diffusion le jeudi 16 mai 2019 à 14h10 sur France 2

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– Brigitte: Euh... Je me suis dit que le choc devait être assez puissant. Il a volé de l'autre côté de l'autoroute. J'ai vu une tente de loin. Elle avait été montée par les secours. L'autoroute a été bloquée. Cela a engendré des files. Je vois ça de très loin. Je ne sais pas comment expliquer. J'avais l'impression que c'était un film. Je n'étais pas là. C'était un cauchemar. Peut-être que j'allais me réveiller. Peut-être que les choses allaient se remettre à zéro. On m'emmène dans une voiture pour faire une déclaration. Je ne sais plus du tout les questions qu'on m'a posées, plus du tout. C'est vraiment un passage que j'ignore. Je ne me rappelle plus tout ça. Il y avait des chiens, des policiers. C'était comme un film. Je ne suis pas rentrée chez moi. Ma fille m'a emmenée à la maison. Je ne pense pas que j'aurais pu rentrer. Ma voiture était hors d'usage. Un petit instant... Je ne suis pas une personne très douce et prévenante. En plus, je suis très prudente sur les routes. Je n'avais jamais imaginé, un jour, faucher quelqu'un et lui enlever la vie.
– Félix Bollaert : Vous en parlez souvent, de ce qui vous est arrivé?
– Brigitte: Jamais. C'est une protection que je me donne. Je me dis que ça ne sert à rien d'en parler. Ça ne me fera pas avancer.
– Félix Bollaert : Cette culpabilité, elle est arrivée quand?
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– Brigitte: 1 jour ou 2 après... On m'avait mis à disposition des psychologues d'aide aux victimes. Là, je me suis rendu compte qu'il s'était passé quelque chose. Tout le monde me dit que je n'aurais pas pu l'éviter. On se demande toujours si on aurait pu donner un coup de volant à gauche ou à droite pour l'éviter... Je me pose encore la question.
– Félix Bollaert : Il a eu des obsèques, cet homme?
– Brigitte: Oui, mais je n'étais pas au courant.
– Félix Bollaert : Vous auriez voulu y aller?
– Brigitte: Je ne pense pas. Ça ne m'aiderait pas. Ça n'aiderait en rien l'histoire.
– Félix Bollaert : Vous connaissez son nom?
– Brigitte: Oui. Il s'appelait Ahmed. C'était un Ethiopien de 30 ans.
– Félix Bollaert : Son histoire, vous la connaissez?
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