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Ça ne sortira pas d'ici


diffusion le jeudi 16 mai 2019 à 0h05 sur France 2

– Pierre Palmade : Oui. Elle a été tellement dépassée par les événements, c'était en 1976. Elle se retrouvait veuve avec 3 enfants. Le temps qu'elle réalise, qu'elle fasse les papiers, elle nous a fait croire qu'il était à l'hôpital après un accident de voiture. Pendant une semaine, elle nous a entendus dire: "Quand papa reviendra de l'hôpital, on fera ça...", alors qu'il n'était déjà plus là.
– Michel Cymes : Qu'est-ce qu'on réalise de la mort, à 8 ans?
– Pierre Palmade : Très bizarrement, je me suis dit qu'il n'y aura plus d'autorité au-dessus de moi. Je ne me ferai plus jamais engueuler de ma vie. Je suis le chef de famille et peut-être même, le roi du monde. Mais tout ça, c'est fait pour masquer la douleur, à mon avis.
– Michel Cymes : Vous vous êtes senti porteur d'une vraie responsabilité pour toute la famille?
– Pierre Palmade : J'étais l'homme de la famille à 8 ans. C'était peut-être un peu lourd. Mais c'est ce que j'ai cru.
– Michel Cymes : Pensez-vous que votre père vous aurait laissé partir à Paris pour devenir humoriste?
– Pierre Palmade : Il aurait fait un peu de résistance, mais très vite, comme ma carrière a démarré très vite, à 20 ans, j'espère vraiment qu'il aurait été fier assez vite.
– Michel Cymes : Aurait-il autant marqué votre vie s'il était encore vivant aujourd'hui? Est-ce que vous n'idéalisez pas un peu celui qui n'est plus là?
– Pierre Palmade : Complètement. Pour moi, c'est l'homme le plus fort, le plus drôle. C'est un homme génial qui a disparu trop tôt. Et s'il avait les défauts, je ne veux pas les connaître. Je veux que mon père soit idéal.
– Michel Cymes : On vous a parlé de lui?
– Pierre Palmade : Oui, un peu. Je veux entendre que c'est le papa le plus génial du monde.
– Michel Cymes : A une époque, vous êtes beaucoup sorti. La fête, drogue, sexe, alcool...
– Pierre Palmade : Je venais de Bordeaux. J'avais 20 ans. Je sentais que j'étais homosexuel et je n'aimais pas ça du tout. Je sentais que c'était mal vu par la société en 1980, quand on est en province. Je le vivais mal. Quand j'ai découvert l'alcool et la cocaïne, je me suis senti très à l'aise dans mon homosexualité.