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Souffrir d'être gros...


diffusion le mercredi 15 mai 2019 à 22h45 sur France 2

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– Quelque part, cette empathie qu'elle avait sentie à travers la consultation, elle était certaine qu'il fallait avoir été obèse pour pouvoir le ressentir. La 2e est plus dure. Une patiente, très longtemps après l'intervention, m'a dit: "Il y a un truc qu'il faut que je vous dise carje ne l'ai jamais dit mais ça fait des années qu'on se rencontre, le jour où j'allais être opérée..." On imagine être le matin de l'opération, avec sa liquette d'hôpital, sur un brancard trop petit, à attendre dans la salle d'anesthésie le moment où on va entrer dans la salle d'opération, voilà. "Qu'est-ce que j'ai entendu: 'Bonjour, Catherine, qu'est-ce qu'on fait aujourd'hui?' 'Des obèses.' 'Ça fait suer, ces grosses à Pattou."' Vous êtes là, vous allez être endormie dans une demi-heure et vous entendez ça. Ça m'a fait prendre conscience Il y avait du boulot à l'hôpital pour faire prendre conscience à tous les personnels qui nous entourent, qui sont tous gentils, bienveillants, que c'est un problème auquel il fallait s'adresser.
– Comme on aime aussi mettre en lumière les solutions, on va dans un instant voir un extrait du reportage réalisé dans votre service car vous avez mis en place une formation pour lutter contre ces actes et ces insultes grossophobes. D'abord, Gabrielle, je voudrais savoir si vous aviez été déjà victime de mots ou de gestes déplacés de la part du personnel médical?
– Au point où j'ai arrêté d'aller chez le toubib. Ça a été à ce niveau-là. Je vais chez le dentiste et il n'a pas voulu que je m'allonge sur le fauteuil car il avait peur que je casse le matériel. Un autre dentiste m'a dit que j'avais 2 caries et qu'il fallait que j'arrête de me laver les dents avec du caramel. C'est un refus...
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– Sympa.
– Mouais. C'est un refus de passer une échographie car on dit que je vais gaspiller l'argent de la sécurité sociale, avec mon gros ventre.
– On vous dit ça les yeux dans les yeux.
– Sans souci.
– On en arrive à se dire "à quoi bon"?
– Si dans le seul endroit où on espère un peu avoir cette parenthèse de bienveillance il n'y a pas de bienveillance, on n'y va plus.
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