logo Le moteur de recherche de la télé

Moi, grosse


diffusion le mercredi 15 mai 2019 à 21h15 sur France 2

capture
– A l'adolescence, oui. Même encore maintenant, mais différemment. Je suis partie dans un centre pour maigrir quand j'avais 13 ans. Je me suis fait insulter...
– Je reviens à la question Ça a été une souffrance, cette période-là?
– A ce moment-là, oui.
C'était hyper dur. J'étais à la fois dans un truc où je me cherchais moi-même, savoir qui j'étais, ce que j'étais, et être attirée en même temps par ces gens qui pouvaient m'insulter. Je me disais que peut-être il fallait que je sois comme ça, que je sois comme eux. Il y avait ce côté-là mais c'était très douloureux.
capture
– La méchanceté transpire?
– Ouais. Il y avait un truc. Je me disais qu'ils étaient populaires et que donc, peut-être qu'il fallait que je devienne comme ça.
– Il y avait une révolte? Car vous êtes une battante.
– Je ne crois pas qu'il y avait de révolte. J'étais dans mon coin et je répondais aux insultes en disant: "Faut pas faire ça!"
– Vous dites que ce qui est pénible, et c'est un euphémisme, c'est qu'on nous renvoie sans cesse à notre corps, même quand on nous fait un compliment.
– Raphaëlle le dit dans le film: elle entend parler de son poids tous les jours depuis 20 ans.
Finalement, c'est ce que j'entends tout le temps. On me dit: "Tu as un beau visage. C'est courageux de poster des photos de toi toute nue sur Internet. C'est courageux de faire le mannequin. C'est courageux d'être comédienne." Il y a toujours un truc où ça part d'un bon sentiment, mais pourquoi courageux?
capture