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Moi, grosse


diffusion le mercredi 15 mai 2019 à 21h15 sur France 2

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– Mais je le vis d'une certaine manière tous les jours.
– On va présenter les autres invités et revenir vers vous après. D'abord, peut-être juste un mot. Diriez-vous qu'être gros, c'est une souffrance aujourd'hui?
– Je ne peux pas dire ça car ça dépend des gens, ça dépend des personnes. Si je dois parler de moi, ça l'est dans ma vie personnelle mais dans mon travail, ça ne l'est pas, pour l'instant.
– Bien. Bonsoir, Gabrielle Deydier. Merci d'être là. Ce film, c'est en quelque sorte votre histoire. Il est adapté de votre livre, "On ne naît pas grosse, on le devient", aux éditions Goutte d'or, dans lequel vous dénoncez une forme de racisme dans la société. Vous racontez dans ce livre, par le menu, et c'est pour ça que vous êtes là ce soir, vous allez nous raconter votre histoire, la descente aux enfers, la honte, les discriminations dont vous avez été victime au quotidien.
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– Oui. Ce livre, c'est une enquête, un essai journalistique. Ce sont mes éditeurs qui ont eu l'idée, pas moi. Un soir, je leur ai parlé de grossophobie. De moi-même, je ne serais pas allée vers ça.
– Pourquoi?
– Parce que j'étais encore dans un truc...
– Une forme de déni?
– Il y a eu longtemps une forme de déni notamment sur le fait que je n'accédais pas à l'emploi. Je refusais de me dire que c'était à cause de mon poids. Il y avait quelque chose d'humiliant dans ça doncje préférais penser que je n'avais pas le bon réseau, pas les bonnes...
– Aujourd'hui, vous avez posé des mots là-dessus? Sur ce que vous avez subi?
– Oui. Et notamment, j'ai travaillé sur ce sujet de grossophobie, un terme qui n'était pas du tout utilisé. C'est Anne Zamberlan, dans les années 90, qui l'utilise. Après, entre son livre et le mien, on ne traite pas de grossophobie.
– La grossophobie est un mot qui vient de rentrer dans le dictionnaire. Ça montre aussi le retard de la société sur cette question On en parlera tout à l'heure avec vous et avec nos invités. Avec vous, notamment, Karine Pinot. Bonsoir. Merci d'être là. Vous avez beaucoup souffert, vous aussi, du regard des autres. Vous avez décidé de recourir à une chirurgie de l'estomac.
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