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Soir 3


diffusion le mardi 14 mai 2019 à 0h25 sur France 3

– Aujourd'hui, on utilise des bases publiques de visages, sauf qu'elles visages d'hommes, de visages clairs... Et quand on leur demande de reconnaître une femme avec un visage un peu sombre, on a des taux de reconnaissance qui chutent. Ça manque de diversité. Donc les chercheurs disent qu'il faut diversifier le panel et où est-ce qu'ils vont chercher ces photos? Sur Internet. C'est comme cela qu'IBM s'est fait prendre la main dans le sac, parce qu'ils allaient chercher les photos directement sur Flickr, toutes les photos publiées avec une mention publique.
– F. Letellier: Donc ce sont des photos publiques, mais qui sont utilisées sans notre consentement...
– A. Mbida : Oui, c'est-à-dire qu'on a soi-même dit que cette photo est accessible à n'importe qui, mais on n'a dit nulle part que cette photo pouvait être utilisée par un algorithme pour entraîner un intelligence artificielle. Là où cela devient un véritable scandale, c'est qu'on s'est rendu compte qu'une autre entreprise utilise nos photos, privées cette fois, pour un double modèle économique. D'un côté, elle dit: "stockez vos photos sur Internet, partagez vos albums", et de l'autre côté elle propose en parallèle un système de reconnaissance faciale qu'elle vend aux autorités, à la police, aux systèmes antiterroristes, pour reconnaître les visages. Et elle dit que son algorithme est plus perfectionné que les autres parce qu'elle a une diversité que personne n'a. Avec des gens dans tous les pays du monde, de tous les âges...
– F. Letellier : Sauf que pour faire ça, ils sont allés dans nos ordinateurs, nos téléphones portables, directement, sans notre consentement. Donc ça veut dire aussi qu'éventuellement, il y a des fichiers qui se constituent, peut-être pour la police...
– A. Mbida : Ils expliquent bien qu'aucune identité n'est transmise. Ces photos privées sont simplement utilisées pour aider à reconnaître les visages, pour diversifier un peu le panel. C'est un peu un mal nécessaire, parce qu'on manque de diversité dans les reconnaissances faciales.
– F. Letellier : C'est comme ça pour la photo, on peut imaginer la même chose pour nos conversations, SMS, mails...