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Allô, docteurs !


diffusion le mercredi 17 avril 2019 à 14h35 sur France 5

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– On sait que les poils de narine ont une utilité. Ils peuvent servir de filtre contre les particules extérieures. En cette période de rhume des foins, il vaut mieux garder ses poils naturels plutôt que de s'en rajouter.
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– M.Carrère d'Encausse: Merci. C'est assez étonnant. Que vous inspire cette tendance à assumer ses poils, pour certaines femmes? Quel est le lien avec l'odeur? On ne masque plus certaines odeurs, du coup.
– Pr C.Bromberger: Ily a un paradoxe. On est dans une période de désodorisation, d'hygiénisme, d'aseptisation partout. C'est quelque chose de contraignant. Par ailleurs, ily a ce retour à la nature, à la volonté de ne pas travestir son corps, de ne pas l'offrir comme un objet sexuel ou de séduction à l'autre sexe. Il y a des contradictions entre tricophilie et tricophobie. Ily a l'amour des poils et la haine des poils. En général, les sociétés sont plutôt tricophobés. Les poils rappellent l'animalité. Dans certaines légendes, un certain nombre de personnages qui ont faute redeviennent poilus, velus et à ce moment-là, le personnage doit intervenir pour qu'il recouvre leur apparence humaine.
Les féministes ont cette revendication de ne pas toucher à ce qui a été donné par la nature. On a connu aussi cela chez les Afro-Américaines, avec ce refus d'avoir une coupe lisse... On voit A.Davis avec cette volonté de garder ce que la nature lui a donné plutôt que de se travestir et d'imiter le Blanc parfait, qui a des cheveux lisses. Il y a un côté contestataire. On parle du poil, on en rigole, mais c'est un sujet des tendances de la société. Je pourrais vous parler des talibans en 1996, quand ils entrent à Kaboul. Il se préoccupe de savoir si les barbes peuvent bien tenir dans la main et si les pubis sont bien épilés. Sur Radio Charia, à ce moment-là, il y a toute une série d'interventions pour souligner quelle est la bonne tricophilie et la bonne tricophobie.
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