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C dans l'air


diffusion le mercredi 17 avril 2019 à 5h25 sur France 5

– Ce ne sont pas des technocrates qui ont décidé...
– Michel Zink : Ily a eu un miracle. Une dame découche toutes les nuits et le mari est inquiet. Il la suit et elle va aider à construire la basilique avec CES pierres.
– Claudio Barbier : V.Hugo a ajouté un chapitre resté fameux. Il explique qu'au Moyen Age, faire passer une philosophie passait par la construction. A partir du XVe siècle, on invente l'imprimerie et le livre va se substituer à la pierre pour transmettre aux générations suivantes un savoir, des histoires ou des croyances. Les livres seront diffusés. Il termine en disant: "Ceci tuera cela." Le livre mettra fin à l'épopée des constructions et des cathédrales.
– M.-A.Tek: Depuis ce matin, on voit fleurir du V.Hugo sur tous les réseaux sociaux. C'est incroyable. C'est lui qui a fait renaître Notre-Dame de Paris après la Révolution. Notre-Dame était un entrepôt. Cette cathédrale, on la chérit. Il y a eu des vicissitudes. V.Hugo l'a sauvée.
– César Roux : Quelles sont les vicissitudes? On dit qu'elle a résisté à tout, aux heures sombres de notre histoire. Vous nous dites qu'elle a quand même beaucoup changé.
– M.-A.Tek: Après la Révolution, elle devient le temple de la raison, un entrepôt. Elle est tellement délabrée qu'on se pose la question de la reconstruire ou de la démonter. Aujourd'hui, on voit des générations d'artistes qui se sont succédé. A l'époque, l'architecture gothique, c'est une architecture de barbares, Elle devient un objet patrimonial. V.Hugo s'est battu...
– César Roux : Ily a une période où le peuple français lui tourne le dos?
– M.-A.Tek: Oui, et ça coûte de l'argent. A ce moment-là, le style à la mode, c'est le style classique.
– Claudio Barbier : Au rejet politique de la Révolution, ily avait aussi ce rejet culturel vis-à-vis de cet édifice. Il était très mal entretenu. Ily a des moines qui font casser les vitraux médiévaux. Ils en ont assez d'être dans une église trop sombre. V.Hugo a une forte responsabilité. Il visite l'église au tournant des années 1820 ou 1830 et il repère un graffiti fait par le tailleur de pierre lui-même.