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Ça commence aujourd'hui


diffusion le mercredi 17 avril 2019 à 13h55 sur France 2

– Ce monsieur qui n'a plus de dentier va se nourrir de manière difficile. On a beaucoup de cas de dénutrition et la personne qui n'a plus sa prothèse auditive est totalement coupée du monde extérieur. On assiste à des syndromes de glissement, des cas de dénutrition et des personnes qui s'isolent.
– EBollaert: Vous deviez
– J'étais en colère mais le personnel était agréable. Je ne peux pas dire qu'ils ne s'en occupaient pas bien, c'est qu'il n'y en avait pas assez. Si j'en avais besoin, j'allais leur demander de faire ceci ou cela, mais je ne voulais pas exprimer ma colère. Je me disais que ça serait pire pour lui. Je sentais quand même une humiliation. Lui et bien d'autres se sentaient humiliés.
– EBollaert: Il est mort, votre papa, aujourd'hui. Dans quelles circonstances?
– Il est tombé une énième fois. Une aide-soignante est venue, elle a trouvé qu'il avait une plaie pas très jolie sur la jambe. Elle a appelé l'infirmière, qui a demandé à ce qu'il soit hospitalisé immédiatement. Il a été hospitalisé et 4 jours après, il n'était plus là. Il est décédé d'une septicémie. C'est-à-dire, le sang empoisonné.
– EBollaert: A cause des hématomes?
– Oui. Selon moi, c'est de la maltraitance.
– EBollaert: Je vois que Frédérique est touchée. Vous reconnaissez des choses que vous n'avez peut-être pas eu le choix de faire.
– Oui, j'entends des choses que j'ai vécues plus ou moins différemment. On est sous pression, on n'est pas nombreuses...
– EBollaert: C'est institutionnelle. C'est par le manque de moyens.
– J'appelle ça comme ça, dans le sens où quand vous êtes 4 le matin pour 66 résidents, il faut commencer les toilettes à 6h30. Je parle de mon cas. A 9h, il faut qu'ils soient impérativement devant leur petit déjeuner, ce n'est pas possible. On a fait le calcul avec une de mes collègues, on était à 2mn par résident. Forcément, vous êtes maltraitent.
– EBollaert: Malgré soi? On a conscience, parfois dans certaines chambres, que ce que vous faisiez n'était pas
– J'en avais conscience. Il y a des choses qu'on apprend avec l'expérience et les formations, mais c'est vrai qu'on n'a pas forcément le réflexe, on est déjà dans une forme de maltraitance.