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Débat


diffusion le mercredi 17 avril 2019 à 0h15 sur France 2

– Lorsque j'étais à Douai, je plaçais les auteurs dans un foyer de sans-domicile-fixe carje n'avais pas trouvé de structure. Lorsqu'on a des partenariats de ce type, on peut vraiment faire avancer les choses.
– Vous avez eu une phrase quand on a préparé cette émission, vous m'avez dit: "Les magistrats ne s'intéressent pas à ces histoires." Qu'est-ce que ça veut dire?
– Je regrette profondément de voir encore aujourd'hui qu'une grosse partie des magistrats, notamment des procureurs de la République, n'ont pas mis en oeuvre des dispositions dans la loi qui leur permettent d'éloigner systématiquement les auteurs de violences et de les amener dans des stages de responsabilisation. Ce n'est pas fait. Il y a un désintérêt de ce type de contentieux car on considère que c'est chronophage, que ça demande de l'énergie. Ça demande également un partenariat avec les services de police pour les amener à recevoir correctement les victimes, vérifier qu'il n'y a plus de mains courantes mais des vraies plaintes qui permettent aux procureurs de se saisir. Tout ça, manifestement, ne les intéresse pas. Et ça, c'est inacceptable. Aujourd'hui, dans certains parquets, on est face au délit de non-assistance à personne en danger. Lorsque j'apprends qu'il y a eu 6 plaintes dans un parquet dont on a parlé peu de temps et que ça se termine sur une table d'autopsie pour ces victimes, on est face à un délit caractérisé de non-assistance à personne en danger.
– Le Pas-de-Calais est un département où, par exemple, l'année de la création du Home des Rosati en 2008, les violences conjugales ont augmenté de 10% en un an. Aujourd'hui, que peut-on dire? Je ne sais pas si les chiffres existent dont on parle, on a l'impression qu'on entend de plus en plus et peut-être de mieux en mieux et c'est tant mieux en France, mais diminuent-elles?
– Non, malheureusement, elles stagnent. Malgré des prises en charge au niveau des victimes et au niveau des auteurs. C'est à ce niveau-là qu'il faudrait développer les dispositifs pour les auteurs. Il faut comprendre que ce sont les auteurs qui font les victimes.