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Débat


diffusion le mercredi 17 avril 2019 à 0h15 sur France 2

– Elle se dit responsable d'une certaine manière car elle a peut-être fait quelque chose qui amène l'autre à devenir violent. C'est important de travailler sur les 2 choses, les 2 prises en charge conjointes. Maintenant, travailler sur les causes, c'est faire réfléchir ces auteurs sur les conditions qui les conduisent à devenir violents. On se rend compte les 3/4 du temps que c'est souvent un manque de communication absolu depuis des mois, des années. Sur le plan intellectuel, sexuel, sur les choses de tous les jours. Ce sont 2 ombres qui vivent l'une à côté de l'autre et un jour, un coup part et le processus est enclenché.
– Le dénominateur commun qu'il y a entre l'ensemble des auteurs de violences conjugales, ce sont les représentations sexistes. Comme disait M. Frémiot, il y a une notion d'emprise chez la victime. Elle a du mal à pouvoir parler. D'où la nécessité de dispositifs de proximité pour aller rencontrer les victimes. Et au niveau du déni, il y a aussi cette idée que l'auteur va pouvoir à un moment avoir une influence terrible sur sa victime et va l'amener à la menacer, à l'enfermer.
– J'allais dire qu'il y a aussi la peur et la menace.
– Oui, la peur pour son avenir à elle, ça peut être des menaces directes mais aussi sur les enfants.
– L.Frémiot, vous dites toujours que ce genre d'initiatives comme le Home des Rosati doit se faire dans une logique de partenariat. On dit toujours qu'un magistrat ou un procureur seul ne peut rien faire.
– Un procureur seul a du mal à mener ce type de dispositifs. Il faut d'abord mener une politique de juridiction en compagnie des magistrats, des juges aux affaires familiales qui seront amenés à statuer sur la garde des enfants lorsqu'il y a des violences, des juges d'application des peines qui participeront également à ces stages de responsabilisation en contexte de sursis et de mise à l'épreuve. Il y a aussi tout ce qui touche le réseau d'aide aux victimes, le réseau de psychologues, psychiatres, la communauté urbaine d'Arras a participé à l'élaboration de la Maison des Rosati.