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Débat


diffusion le mercredi 17 avril 2019 à 0h15 sur France 2

– Si au contraire on prend en compte ce qu'elles disent, on prend la peine de discuter avec elles, on va les amener petit à petit à s'exprimer et à partir de là, on pourra mettre sur place des dispositions qui feront évoluer les choses.
– Quel est le profil des hommes qui bénéficient de ce programme du Home des Rosati?
– Il n'y a pas de profil type de l'auteur de violences conjugales. Dans le film, on a l'impression d'une représentation de quelqu'un d'un peu précarisé ou avec des dépendances. Ce n'est pas le cas dans la réalité. On ne reçoit que 30% de personnes en recherche d'emploi. On a 10% de cadres. Les autres sont des salariés et des employés.
– 70% d'hommes très insérés?
– Oui, parfaitement insérés, avec une moyenne d'âge de 40 ans, ayant des enfants, en couple depuis plusieurs années et pas de stigmatisation au niveau des catégories socioprofessionnelles.
– Vous m'avez dit en préparant cette émission et c'est toute la difficulté, c'est là où le travail des équipes commence, que les hommes qui arrivent sont souvent voire toujours dans le déni de ce qu'ils ont fait.
– Ils sont généralement "Je lui ai mis une petite claquette." "Mais monsieur, elle a 8 jours d'ITT." "C'est pas de ma faute si elle marque." "Je l'ai poussée mais je ne lui ai pas demandé de tomber et de se casser le coccyx." Voilà toutes les réflexions que l'on peut avoir au début. C'est sur cela qu'on va travailler, sur la prise de conscience des actes violents et de leur potentiel de violence qui dure parfois depuis très longtemps. Pour la plupart des hommes, c'est: "Je sais pas ce que je fais ici carje ne l'ai pas frappée, je l'ai juste insultée."
– L.Frémiot, vous dites toujours: "De toute façon, il faut traiter les causes." Qu'est-ce que ça veut dire, dans le domaine des violences domestiques et conjugales?
– C'est rechercher les éléments qui poussent quelqu'un à se montrer violent. Je voudrais rajouter un point. Le déni est partagé par les victimes. C'est un dénominateur commun entre la victime et l'auteur car la victime elle-même ne reconnaît pas souvent son statut de victime.