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Les enfants perdus d'Angleterre


diffusion le mardi 16 avril 2019 à 20h55 sur France 5

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– Dans mon esprit d'enfant, oui.
– Les filles ne voulaient pas porter plainte. Elles étaient terrifiées. Elles étaient absolument terrifiées. On leur disait que leur maison serait brûlée, que leur mère ou leur petite soeur serait violée.
– En 2011, un article du "Times" dévoile pour la 1re fois l'existence de réseaux d'exploitation sexuelle à Rotherham. Cette ancienne travailleuse sociale est alors mandatée pour enquêter. Peu à peu, elle va mettre au jour la responsabilité des autorités.
– Les priorités étaient fixées par la direction des services sociaux et les membres élus du comté. Ils avaient choisi de ne pas s'intéresser aux enfants violés.
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– Pour tenter d'arracher leur fille aux réseaux qui l'exploitaient, les parents d'Elizabeth ont sollicité les services sociaux. Ils ne se sont pas sentis concernés.
– Ils sont venus et ont inspecté la maison. Parce que ma femme et moi travaillons tous les deux, que la maison était propre, ils nous ont dit: "Nous ne pouvons rien faire pour vous. J'ai dit: "Si je comprends bien, ma fille est abusée, violée, "je vous appelle et vous dites que vous ne pouvez rien faire ?" Ils ont dit: "Ben non." Et ils sont partis.
– Au lieu de récupérer Elizabeth pour la rendre à ses parents, le système de protection de l'enfance va prendre une mesure aggravante. L'ado est placée dans un foyer où sévissent d'autres violeurs.
– J'ai été placée à Rush House par la municipalité. Dans ce lieu, ils logeaient les enfants SDF. Il y avait aussi d'autres filles exploitées comme moi. Donc, ils m'ont mise là-bas et tout a recommencé.
– Il y avait une grande terrasse Il s'agissait de 2 maisons réunies. On avait l'habitude de lui rendre visite, et à 4 ou 5 reprises, quand on réussissait à la voir sur le parvis du foyer, les agresseurs étaient là, là où les résidentes étaient censées être protégées de ces gens. L'équipe du foyer était au courant de ce qui se passait et ils ne faisaient rien.
– Elizabeth fait partie d'un collectif de 82 jeunes femmes qui ont été exploitées à Rotherham. Leur avocat a porté plainte contre les autorités.
– Dans le cas d'Elizabeth, le comté avait tellement d'informations. La police aussi avait beaucoup d'informations. Ils auraient dû savoir que l'éloigner de la protection de sa famille, puis la mettre dans ce foyer allaient inévitablement l'exposer à plus de violence. Ils savaient qu'elle allait être la proie d'agresseurs sexuels. Et c'est ce qui s'est passé.
– Les services sociaux disaient que c'était leur mode de vie. Ils traitaient les filles de prostituées ou de salopes. Voilà les termes qu'ils utilisaient. Ils ne prenaient rien de cela au sérieux. C'est épouvantable.
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