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Le magazine de la santé


diffusion le mardi 16 avril 2019 à 13h40 sur France 5

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–  On pioche dans les images mexicaines et on les transforme. Il y a des collages.
– Qu'est-ce que vous pensez de ce travail?
– Je trouve ça magnifique.
– Passionné d'art brut, Pakito se voit comme un privilégié car ce lieu est pour lui unique au monde.
– Ce sont de vrais artistes qui ne se posent pas de questions. Ils ne se prennent pas la tête et ils sont très forts.
– Voilà 15 ans que le centre s'ouvre aux artistes contemporains. Le principe de ces résidences est simple: créer ensemble une multitude d'oeuvres que Pakito accumule dans une pièce comme un trésor.
– Ca, ce sont les éléments qu'on prépare pour l'exposition à Marseille.
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– Voilà le fruit d'à peine une semaine de travail en commun. Toutes ces oeuvres seront mises à l'honneur en décembre dans une galerie marseillaise.
– Là, on voit la pureté de l'art. Pour moi, ce sont des artistes.
– C'est une vraie reconnaissance pour ces résidents et un beau pied de nez à leurs déficiences qui ont tendance à les isoler. Peur de l'inconnu, difficulté à communiquer, à gérer ses émotions, autant de symptômes qu'il a fallu combattre. S'ouvrir aux autres, c'est tout l'enjeu de ces résidences qui ne se sont pas faites en un jour.
– Au départ, quand on invitait des gens, ils étaient très peureux. Certains étaient même dans le rejet. Ils ont compris assez rapidement que les gens qui venaient ici ne venaient pas parce que ce sont des handicapés mais parce que ce sont des artistes. Ils sont beaucoup plus à l'aise, maintenant. Certains n'hésitent plus à parler de leur travail. C'est un effet positif.
– Tu fais comment? Tu couds au fur et à mesure?
– Barbara souffre d'une déficience mentale légère. Arrivée ily a 5 ans, elle ne parlait à personne et restait très en retrait. Même si elle est toujours réservée, c'est à l'atelier textile qu'elle a trouvé son meilleur moyen d'expression.
– Comme ça, c'est bon. Merci.
– De rien, avec plaisir.
– Barbara compose manteaux, pulls et cagoules qu'elle enfile comme une 2de peau. Elle peut ainsi dissimuler corps et visage. Ses créations sont régulièrement publiées dans des revues d'art.
– Ca, ce n'est pas symétrique.
– Pour toi, c'est important que ce soit symétrique.
– Son talent saute aux yeux de cette jeune styliste parisienne qui cherche à tout prix à travailler avec elle. Depuis, elles ont entamé une collaboration où chacune travaille d'égale à égale.
– Ily a un dynamisme et une énergie dans son travail que je n'ai pas retrouvés ailleurs pour l'instant.
J'ai complètement flashé dessus. Ça m'a complètement débloquée Moi, je viens d'une école dans laquelle on réfléchit beaucoup par le concept. Il faut qu'il y ait une idée, et peut-être un peu trop, parfois. On s'enferme là-dedans alors que Barbara travaille très spontanément. C'est très expressif. Quand elle coud, elle donne un peu des coups de poignard. C'est comme ça que je le vois. Je trouve qu'ily a quelque chose d'assez énergique et spontané. Ça a été très libérateur pour moi. Elle m'a appris à lâcher prise en cela.
– A 29 ans, Barbara est aujourd'hu
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