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Sur le chemin de l'école buissonnière


diffusion le lundi 15 avril 2019 à 5h35 sur France 5

– A leur tête, Simon Nogueira et Yoann Leroux, champions de l'art du déplacement.
– Là, je respire ! Je suis en mode : c'est passé ! Là, t'as pas le droit à l'erreur. Je l'ai repéré le soir, on marchait sur les quais, etj'ai dit: "Demain, je le fais." En fait, y a de la hauteur. Je vais mettre sur pause. En plus, j'ai fait un pas trop long. fallait monter. C'est le genre de saut qu'on fait au feeling, pas parce qu'on nous a dit de le faire. Une GoPro chacun, quelques potes pour filmer leur exploit, et la virée peut commencer. Pour eux, la ville pleine d'obstacles est l'occasion de tracer son chemin personnel, de mobiliser son corps entier pour explorer le fond de son esprit.
– Putain ! Ah oui...
– Comment tout a commencé, Simon ?
– Je me souviens de ma maman, qui m'expliquait, en maternelle, qu'elle recevait des appels de ma maîtresse, parce que je montais sur des structures de la cour ou sur des arbres, alors que j'avais pas le droit de le faire. J'ai toujours été dans cette recherche de hauteur, d'escalade, de différence.
– En te voyant faire, je me demande pas si tu risques de tomber ou pas. Mais toi, tu te poses la question ?
– En bas, quand je suis concentré sur rien du tout, je me prends les pieds dans tout ce qui dépasse, je suis dans mes pensées, j'ai pas peur de ce qui se passe autour, et là, je trébuche sur une dalle, je tombe dans les escaliers... Parce que je suis pas concentré. Me mettre dans des conditions où je suis en danger, c'est simplement m'entraîner à être concentré, à être au même endroit avec mon corps et mon esprit.
– Ily a une envie de transgression, ou c'est que le terrain de jeu est trop étroit en bas ?
– C'est pas réellement une envie de transgression. C'est plus une envie d'évasion. Sur les toits, je suis tout seul. Ou je suis avec ma "family", mon groupe, donc des amis proches, des gens en qui j'ai confiance.
– Ça tient? Ça glisse... Ça tient pas tant que ça.
– Un salto arrière ?
– C'est énervant, ça a l'air simple.
– Ça a l'air ! On crée des nouvelles routes dans les routes déjà tracées. Je ne vois plus les murs comme des obstacles, mais comme des amis qui vont m'aider à aller plus loin.