logo Le moteur de recherche de la télé

Des huiles... pas si végétales


diffusion le dimanche 14 avril 2019 à 21h40 sur France 5

capture
– Pour toutes ces raisons, ils sont de plus en plus nombreux à produire différemment. Direction l'Ardèche. Patrick Roustan, lui aussi, cultive du tournesol. Quand il a repris l'exploitation familiale, il s'est mis au bio. Ilvit sur 17 ha en polyculture où il produit du tournesol, du blé, de l'olive et du miel.
– Mon stock est ici. Ces graines de tournesol pour qu'on puisse les mettre dans la presse. C'est la variété "coralia", une variété rustique, bien adaptée à la culture en bio dans les zones un peu précoces comme chez nous, ici, dans le sud.
– Le choix d'une variété rustique sans OGM ni pesticides fait clairement chuter les rendements.
– En bio, de rendement.
capture
– 1,5 tonne à l'hectare pour Patrick contre plus de 2 t pour l'agriculture conventionnelle et presque 3 pour les Argentins, grâce aux OGM.
– Ici, on se trouve dans la salle où on effectue le pressurage du tournesol. On a la presse à tournesol, le filtre. Et ensuite, on a plusieurs petites cuves pour stocker l'huile.
– Et c'est aussi simple que cela. Cette huile se garde moins longtemps qu'une huile industrielle, mais pour Patrick, elle n'a rien de comparable.
– C'est une huile bio qui a été pressée à froid et qui n'a pas été désaromatisée ni décolorée ni quoi que ce soit. Elle a gardé tous ses arômes et toutes ses propriétés. C'est un produit qui respecte la nature, les cultures et le sol. Ça ressemble bien au tournesol quand il est en fleur. C'est la couleur des pétales. C'est un parfum particulier. Tous ceux qui ont eu l'occasion de longer des champs de tournesol retrouveront cet arôme qui est bien spécifique à la fleur de tournesol.
– Evidemment, difficile de comparer la petite entreprise de Patrick avec les géants mondiaux de l'huile. Pourtant il n'y a pas que de petits producteurs bio qui produisent sans solvants. Les graines bio que Patrick récolte, à 80 %, sont vendues à une très grosse PME, à quelques kilomètres de là. A Pont-Saint-Esprit, au bord de l'Ardèche. L'huilerie Emile Noël produit de l'huile depuis près d'un siècle. C'est l'un des premiers producteurs français à avoir industrialisé le pressage de petites huiles, comme l'huile de lin, d'avocat ou de cameline, en tout, une trentaine de références. C'est lors de la grande crise des oliviers, en 1956, que le fondateur a eu l'idée de trouver d'autres productions. Alors, évidemment, la production n'a qu'un lointain rapport avec les méthodes industrielles, à commencer par le prix d'achat des matières premières : 2 à 3 fois plus élevées dans le bio.
– Ici, on a l'arrivée de la graine. La graine de tournesol, nettoyée à la réception du camion, entre en zone de trituration par cette arrivée. On va passer dans un décortiqueur à plateaux qui va éclater la graine et nous permettre de séparer une partie de la coque sur ce séparateur.
– Ici, tout est mécanique. Contrairement aux sites industriels, l'huile et ses composants sont visibles partout. On peut même les toucher.
– Le séparateur est un tamis qui va permettre, par aspiration des poussières et tamisage, de séparer les différentes parties de la graine. Cette poussière pourrait donner un mauvais goût à l'huile
capture