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La moutarde nous monte au nez


diffusion le dimanche 14 avril 2019 à 20h50 sur France 5

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– Damien doit finir la récolte au plus vite pour éviter que la pluie ne dégrade la qualité de la graine ou que les plants de moutarde ne se couchent. Il a 100ha à moissonner.
– Là, ily en a pour 5h de travail à peu près dans la parcelle.
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– Damien cultive des moutardes depuis quelques années seulement, une culture nouvelle qu'il ne regrette pas.
– Ça m'apporte une diversité dans mes cultures, ça m'apporte aussi le fait que c'est une culture rémunératrice.
C'est ça qui nous aide quand même à gagner notre vie. Les autres cultures, ce n'est pas toujours le cas. Et une certaine fierté de faire une culture propre à Dijon. Certaines années, on se pose des questions, comme l'an dernier où on a "bu le bouillon". On ne s'arrête jamais sur un échec.
– Si Damien s'accroche, c'est parce que la graine de moutarde, ce fleuron de la gastronomie nationale, a bien failli disparaître pour toujours. Pendant plus de 20 ans, sa culture a déserté nos campagnes. Avant guerre, la quasi-totalité de la graine utilisée pour la moutarde de Dijon est cultivée en France, mais dans les années 50, la PAC, la Politique agricole commune, subventionne les cultures nourricières comme le blé et le ma' l's. La culture de la moutarde ne reçoit aucune aide. Petit à petit, les agriculteurs la délaissent jusqu'à l'abandonner complètement dans les années 80. Les moutardiers doivent alors acheter leurs graines à 7 000km de là, au Canada. Nous sommes dans la province de la Saskatchewan, au centre du pays, non loin de la frontière américaine. Autour de la capitale, Regina, s'étend une région riche en pétrole et en gaz, mais dont la principale richesse est l'agriculture. En cette saison automnale, les champs sont au repos. Bientôt ici, on sèmera du blé, du seigle et une petite graine qui a toutes les chances de se retrouver dans vos assiettes.
– Voici le coeur de la production de graines de moutarde.
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