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L'argent, la répartition des richesses

Présence protestante


diffusion le dimanche 14 avril 2019 à 10h05 sur France 2

– Il y a des gens qui sont gagnants dans la mondialisation, dans le développement de l'économie, et il y a des gens qui sont perdants. ce n'est pas quelque chose qui est spécifique à la France. Un peu partout, on entend un cri de désespoir, parfois.
– Qui porte toujours sur le pouvoir d'achat et les inégalités ?
– Plus fondamentalement sur le fait qu'on s'est longtemps dit que la génération suivante vivrait mieux que la présente. C'est ça qui a réellement changé. On se dit que nos enfants risquent de vivre moins bien que ce qu'on a vécu. Ca, c'est extrêmement frustrant pour beaucoup de gens. De ce point de vue, je comprends parfaitement le mouvement. Il reste la question compliquée des solutions. De dire simplement: "Il faut prendre l'argent là où il est", ça me paraît court, parce que tout pays a besoin d'investissements, de développement. Comment créer de la richesse ? Ce n'est pas qu'une question de distribution de l'argent, c'est d'abord une question de production de l'argent. Comment créer de la richesse sans être dans un modèle de croissance qui va dans le mur des contraintes environnementales ? Donc, là, il faut être inventif, avoir de l'imagination, et tenir compte de la justice sociale, mais aussi...
– Est-ce à l'Etat de pallier ces...
– C'est une vraie question. Je pense que c'est d'abord à la société civile, à nous tous, à tous ceux qui nous écoutent aujourd'hui... Attendre que tout vienne de l'Etat me semble être précisément une erreur. C'est-à-dire qu'on a vécu dans un modèle où, on a attendu de l'Etat qu'il supplée à nos défaillances.
– Ce qu'on appelle l'Etat-providence.
– Oui. D'ailleurs avec des limites. Parce que l'Etat-providence prélevait et redistribuait beaucoup d'argent. Mais la condition était que le travail soit salarié. Or aujourd'hui beaucoup de gens n'ont plus de salaire ou un salaire précaire.
– Aujourd'hui, en France, on ne sait plus vendre de rêve. Et ce n'est pas en disant : "On va rétablir telle ou telle chose, "on va enlever telle ou telle taxe", qu'on va rêver." Le problème, c'est qu'on a du mal à vendre du rêve aux gens, c'est ce qui manque.