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A l'origine, Berechit


diffusion le dimanche 14 avril 2019 à 9h20 sur France 2

– Donc, plein de choses, auxquelles on donne de l'importance, mais qui en fait n'en ont pas. Aujourd'hui, on pourrait dire que ce sont les réseaux sociaux, l'actualité à outrance, on suit l'actualité en permanence, on a toujours les nouvelles versions de téléphone, on suit la mode... On s'entoure, et c'est le cas de toutes les générations, de plein de choses qui nous empêchent de nous concentrer sur notre vie. c'est notre vie de famille, notre construction personnelle, le fait de se construire, de réaliser des choses. Notre mauvais penchant essaie en permanence de nous empêcher de nous construire. Il essaie de nous faire oublier notre projet sur Terre. A Pessah, on nous demande d'enlever tout, tout ce qu'on a. Personnellement, c'est mon expérience, je coupe tout, même mes mails, pour me concentrer sur moi-même, et sur une construction. On nous le demande une fois par an, pour pouvoir repartir. La fête de Pessah a lieu au printemps, on l'appelle aussi "Hag Ha'Aviv". D'ailleurs, on change le calendrier, on ajoute 1 mois, les années bissextiles, pour que Pessah ait toujours lieu au printemps. Pourquoi ça doit avoir lieu au printemps ? Parce que c'est le moment où tout bourgeonne, ou tout redémarre à zéro, juste après l'hiver où tout a été effacé. Là, on repart à zéro. Pessah, c'est un moment où on doit prendre du recul, pour repartir. du recul sur sa relation avec sa femme, avec son mari, avec ses enfants, son employeur, ses collaborateurs, essayer de prendre un recul suffisant pour se concentrer sur l'essentiel. La vie est remplie d'interférences, qui nous font oublier ça. C'est le travail du mauvais penchant.
– Pendant la soirée du Seder, la tradition veut que nous buvions 4 coupes de vin, en lien avec les 4 verbes de la Torah qui décrit la délivrance. Puis il y a un 5e verre de vin, que nous ne buvons pas encore. Ce fameux verre vient nous faire penser que la Gueoulah n'est pas encore terminée, ni aboutie. On est sortis d'Egypte, on a reçu la Torah, nous appelons la fête de Pessah "Zeman Heroutenou", "le temps de notre liberté", mais il reste un petit suspens, un élément non encore abouti, ce 5e verre, cette 5e coupe, que nous ne consommons pas, que nous laissons de côté, celle de la fin des temps, celle vers laquelle nous nous apprêtons à pénétrer, à entrer.