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Les talents d'aujourd'hui : le passage du court au long

Fête du court métrage


diffusion le samedi 16 mars 2019 à 0h45 sur France 3

– Au départ, rien ne me prédestinait à faire du cinéma. J'ai grandi avec un père éboueur, une mère femme de ménage et commerçante. Pour moi, c'était un rêve inaccessible. Je m'interdisais de rêver. J'ai étudié la biologie. Ça n'a rien à voir mais en parallèle, j'ai fait du théâtre. Donc, je suis venue au cinéma en tant qu'actrice. J'ai joué dans quelques courts-métrages. C'étaient de chouettes expériences. Et j'écrivais des histoires, des scénarios en me disant "je les réaliserai peut-être carj'ai des choses à dire". J'ai toujours eu un attrait pour les contes. Quand j'étais au Sénégal, ma grand-mère me racontait des contes des heures entières. J'ai très tôt été animée par des sentiments d'injustice. J'avais envie d'exprimer des choses que j'aimais. J'avais envie de dénoncer aussi etj'ai compris que le cinéma pouvait être une arme. Le cinéma et la télévision sont le miroir de la société. J'ai eu l'impression de me regarder toute mon enfance devant le miroir mais sans jamais me voir.undefined
Et je pense que le fait de ne pas avoir de modèle, ça a contribué à une sorte d'auto-inhibition et à de dire "arrête de rêver, c'est pas pour toi". Ce 1er court-métrage "Cache-cache" que j'ai réalisé pour le concours "Hlm sur cour(t)" a été autoproduit. J'ai su plus tard que le métier de directeur de production existait ! Quand on fait un film sans moyens, on se retrouve à tous les postes. Dans ce film, j'ai dirigé des enfants etj'ai eu envie de continuer à raconter l'enfance. J'ai écrit "Maman(s)" qui est mon 1er court-métrage professionnel. J'aime bien m'inspirer de mon enfance, donc il y a un soupçon autobiographique dans "Maman(s)". Moi, j'ai grandi avec deux mamans en France. J'ai vraiment vécu la polygamie et j'avais envie d'en parler à travers le regard d'un enfant, une petite fille de 8 ans qui s'appelle Sokhna Diallo. J'ai rencontré Zangro de Bien Ou Bien Productions et on a retravaillé le scénario. Il m'a poussée dans mes retranchements dans l'écriture. Moi, j'étais pressée "c'est bon, c'est prêt !" Et c'est lui qui m'a appris à vraiment aller au bout de l'écriture, à prendre le temps, à faire intervenir des consultants pour que le scénario soit le plus béton possible.