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Les blessures de l'île


diffusion le samedi 16 mars 2019 à 0h55 sur France 2

– Qu'est-ce qui ne va pas ?
– Tout va bien.
– Depuis que tu as quitté l'île, tu n'es plus le même.
– Non, maman... C'était il y a 20 ans. Qu'est-ce que...
– Il fallait le faire avant.
– C'est injuste de dire ça.
– Oui, peut-être.
– C'est ton chien ? Je vais le nourrir.
– Ce n'est pas mon chien.
– Bonjour.
– Un café ?
– Oui.
– Vous ne pouvez pas aller à Brest.
– Je comptais rester un peu. Je suis née sur l'île.
– Ah bon ?
– J'ai donc accepté de venir bosser ici un jour de Noël.
– Vous avez vécu longtemps sur l'île ?
– Jusqu'à mes... Après avec ma mère, on est revenues sur le continent. Mais je... Je n'ai aucun souvenir de cette époque.
– Bon pèlerinage. J'y vais.
– Je viens avec vous.
– Je ne fais pas taxi.
– Je viens pour l'enquête.
– Ce n'est pas possible.
– Pourquoi ?
– Vous n'êtes pas assermentée.
– Qui va le savoir ici ?
– Je vais à l'église.
– Gregor ! Si vous passez devant le cimetière, tu pourras t'occuper des bruyères que j'ai plantées sur la tombe de ton père ?
– Tout le monde a ses fantômes. Il ne faut pas leur céder de terrain. Tu leur donnes ça, ils prennent ça.
– Vous y êtes allé quand ?
– Exorciser cette maison ? Ily a 2 ou 3jours. Un fantôme la hantait.
– Une petite fille ?
– Non, un homme.
– Un homme ? Quelqu'un qui se cachait dans la maison ?
– Non, un esprit. Sans doute l'âme perdue d'un marin qui n'a pas eu sa proella et qui cherche un refuge.
– C'est quoi une proella ?
– C'est une cérémonie funéraire pour les marins qui disparaissent en mer sans qu'on les retrouve. On symbolise le corps avec un croix en cire. On la bénit. On la dépose au cimetière ou sur la grève.
– Ça se pratique encore ?
– Tout le monde se fout des traditions. Il y a de plus en plus d'âmes perdues qui errent.
– Qui vous a prévenu ?
– Les frères Riou.
– Riou ? Je me souviens de 2 gosses qui faisaient des bêtises à l'époque.
– Ils ont grandi mais ils en font toujours.
– Ils font quoi dans la maison abandonnée ?
– Je ne veux pas le savoir. Avec le crime, la mort s'y est installée. Elle, on ne l'exorcise pas.
– Il fait froid comme la mort ici.
– Le curé vit avec.
– On ne doit pas aller au cimetière ?