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La maison des Maternelles


diffusion le jeudi 14 février 2019 à 9h20 sur France 5

– Cette Ligue du LOL, je l'avais rencontrée dans des cafés, C'était des journalistes et des gens du monde de la communication. Au départ, ce sont des gens qui se connaissent dans la vraie vie et qui ont créé un groupe Facebook, la Ligue du LOL, qui se font des petites blagues et qui font des soirées auxquelles j'ai pu me retrouver. Ensuite, ça passe sur les réseaux sociaux. Puis ça devient des critiques sur des articles ou des tweets que j'écris. Ces gens-là avaient des comptes Twitter avec parfois des milliers de followers. Ils ramenaient avec eux une horde de trolls.
– Bru Muller : On les accuse de s'être organisés pour prendre des cibles, dont vous.
– Luc Lejeune : Dans une journée, je recevais des dizaines et des dizaines de messages. Des mots très durs revenaient, "pute", "salope"... On disait que j'avais pu avoir des relations sexuelles avec mon chef de service pour avoir mon poste. C'était un CDD à Libération.
– Agathe Lecaron : Et quand bien même vous auriez couché! C'est tellement agressif qu'on a envie de se défendre. Vous répondiez’!
– Luc Lejeune : Je répondais parfois par l'humour. Mais en fait, il ne faut pas faire ça quand on est victime de cyberharcèlement. On nourrit le troll. On leur donne envie de répondre encore plus. Les gens regardent et se disent qu'il se passe quelque chose. D'autres personnes débarquent.
– Bru Muller : On tapait votre nom ou le nom des autres victimes sur Internet, on tombait sur des sites qui proposaient de noter les journalistes. Ça laisse une trace. Comment vous le viviez au quotidien?
– Luc Lejeune : C'était un site qui dit entre autres: "Nul, nul, nul, devrait faire du porno plutôt que du journalisme." C'était quelque chose sur lequel mes futurs employeurs pouvaient tomber.
– Bru Muller : Vous êtes nombreux à avoir été victimes de CES personnes. A l'époque, vous en parliez entre vous ou vous pensiez que vous étiez une des rares victimes?
– Luc Lejeune : Parmi les 15 principales victimes, j'en connaissais certaines. On a créé un petit groupe de soutiens sur Internet. Depuis 6 ans, tous les 2 ou 3 ans, on se disait que ça allait sortir.