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C dans l'air


diffusion le jeudi 14 février 2019 à 5h25 sur France 5

– César Roux : Peut-on s'arrêter sur les mots? "Antisémitisme", "antisionisme"...
– T.Snégaroff: L'antisionisme, c'est le rejet d'Israël. Le juif égale Israël. C'est complexe. L'antisionisme remonte au début du sionisme. Les 1ers antisionistes étaient des juifs. Ils ne voulaient pas que ça jette sur le peuple juif un regard de détestation.
– César Roux : Dès le début, il y a cette crainte?
– T.Snégaroff: Bien sûr. Au sein de la communauté britannique, lord Rothschild obtient la promesse des Anglais... La Palestine est aux mains des Anglais. Ily a l'ordre de donner une terre au peuple juif. Ily a des juifs britanniques qui sont très hostiles. Ils ne veulent pas lancer l'idée qu'ils seraient de mauvais Britanniques ou de mauvais Européens. L'antisionisme reste un ferment de l'antisémitisme, même si je prétends qu'on peut critiquer la politique menée par Israël sans être forcément taxé d'antisémitisme. Sinon, 40 % de la population israélienne seraitjuive et antisémite. Ily a des mouvements pour la paix en Israël, hostiles à la colonisation. C'est très instrumentalisé. Il y a une frontière fine entre antisionisme et antisémitisme.
– Claudia Weill : Où s'arrête l'antisionisme et où commence l'antisémitisme? La question ne s'est posée qu'à partir de la création de l'Etat d'Israël. Avant, c'était un débat à l'intérieur du judaïsme. La Seconde Guerre mondiale a changé la donne de façon radicale. Elle a poussé les Nations unies à créer l'Etat d'Israël, qui est devenu un problème et pour l'ensemble de la planète, finalement. On peut être parfaitement asioniste, critiquer la politique de Netanyahu sans être antisémite. R.Aron n'était pas sioniste. Beaucoup de juifs français ne sont pas sionistes. Beaucoup de juifs considèrent qu'ils sont français, pas binationaux. qu'ils ont une double filiation, une double appartenance. Ils vivent en France mais une partie de leur famille vit en Israël. Ils ont l'intention d'y aller un jour, ou bien non. Certains partent, d'autres reviennent. L'affaire est très compliquée. Là où c'est devenu délicat, c'est quand il faut trouver la frontière entre la critique d'Israël et la remise en cause fondamentale de la légitimité même
– S.Quéméner: E.Macron a été critiqué quand il a dit: "L'antisionisme est l'antisémitisme réinventé.