logo Le moteur de recherche de la télé

Télématin (suite)


diffusion le jeudi 14 février 2019 à 8h10 sur France 2

– Je crois que vous êtes montés à bord plusieurs jours.
– Mathieu Kassovitz : On a tous fait des stages pour comprendre leur univers, leur fonctionnement, leurs protocoles, leur langage, leur façon de se comporter les uns avec les autres et de parler à ces sous-mariniers, qui ne parlent à personne et qui ne vivent qu'entre eux.
– On est en niveau d'alerte 6. Grandchamp, vous passez commandant de sous-marin nucléaire lanceur d'engins. Vous prenez L'Effroyable.
– Mathieu Kassovitz : C'était important d'avoir accès à leur univers. Dans ce milieu si spécifique... Il y a plus de technologie dans un sous-marin que dans une fusée. C'est une des raisons qui m'a fait faire le film. Il m'a dit: "On va se préparer avec les militaires."
– Charlotte Bouteloup : La curiosité, donc.
– Mathieu Kassovitz : La curiosité de découvrir des choses auxquelles personne n'a accès. Les acteurs ont cette chance de pouvoir entrer dans ces univers pendant quelques jours, quelques semaines, et de pouvoir ensuite passer à autre chose. *-Une attaque majeure est en cours sur le sol français. Le président de la République nous commande d'effectuer une frappe en riposte. Nous avons été pris au piège.
– J'ai passé ma vie à apprendre à des gamins à faire confiance à un système.
– C'est nos frères, en face.
– Ce ne sont pas nos frères. Ce sont des marins sous ordre de tir.
– Charlotte Bouteloup : Vous campez un amiral. Vous en avez rencontré un? Qu'est-ce qui vous a frappé, sur cette fonction?
– Mathieu Kassovitz : Ce qui m'a frappé, dans la fonction de l'Alfost, c'est que c'est l'amiral qui chapeaute toute la force des sous-marins français, le protocole qui peut les mettre en situation d'attaque et qui lance des systèmes qui, une fois lancés, sont impossibles à arrêter. Il a plus de pouvoir et d'importance que le président de la République.
– Charlotte Bouteloup : Ce film est aussi un hymne au patriotisme. Vous sentez-vous l'âme d'un patriote?
– Mathieu Kassovitz : Oui. Ce n'était pas du tout l'état d'esprit dans lequel j'étais et je m'étais élevé moi-même. Quand on voit l'état du monde dans lequel on vit, je pense qu'on peut être très fiers et reconnaissants d'être français et de défendre un pays qui ne se tient pas si mal que ça malgré tout.