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Télématin (suite)


diffusion le jeudi 14 février 2019 à 7h10 sur France 2

– On a appris que c'était fini. Les livraisons cesseront en 2021, faute de commandes. C'est un échec industriel?
– Christian Estrosi : Non. Sur les plans industriel et technologique, Airbus était une réussite absolue. C'était notre gros-porteur qui nous permettait d'être concurrents sur la scène internationale. C'est un échec commercial. Ça m'inquiète pour l'avenir industriel de l'Europe alors que nous approchons de l'échéance européenne. La semaine dernière, la Commission de Bruxelles s'est opposée à la fusion Alstom-Siemens face au géant chinois. Nous allons devenir tout petits et sans doute en grande difficulté sur notre industrie ferroviaire. Industrie aéronautique, industrie ferroviaire... Il est temps que l'Europe relève le gant et se décide à bâtir de grands groupes industriels. Dans le cadre des politiques d'innovation et de développement, nous sommes très performants. L'A380 le démontrait. Avoir une politique commerciale commune, plus offensive... Que ce ne soient pas les seuls commerciaux du groupe Airbus mais toute l'Europe avec les sous-traitants concernés derrière tout ce programme... Des dizaines de milliers d'emplois sont concernés.
– César Roux : Et 10 milliards de pertes pour Airbus. Vous dites que c'est une erreur commerciale. Il n'y a pas eu d'erreur dans ce qu'on a projeté de ce gros-porteur en considérant qu'il y avait un marché, mais visiblement, on se rend compte qu'il n'y en a pas...
– Christian Estrosi : On se bat sur des thèmes qui touchent à la taxe carbone. Là où des gros-porteurs ont vocation à supprimer une addition de petits-porteurs pour réduire l'empreinte carbone, en termes environnementaux, industriels et commerciaux pour moi, ce sont des fautes de vision, de gestion et d'administration.
– César Roux : Il y a eu une erreur stratégique dès le départ?
– Christian Estrosi : Oui, je pense que c'est une erreur stratégique au départ, mais aussi aujourd'hui, où il appartient à l'Europe de mieux se structurer et de faire baisser les coûts de production. Pour faire baisser il faut faire baisser les charges qui pèsent sur un grand groupe comme celui-ci pour arriver à un coût beaucoup plus faible afin de porter une politique commerciale et économique.