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Yoni Palmier, le tueur de l'Essonne

Faites entrer l'accusé


diffusion le jeudi 14 février 2019 à 0h00 sur France 2

– Les gens ont le droit de garder le silence à l'interrogatoire de 1re comparution, ce qu'il a fait, et on découvre quelqu'un de surprenant: un grand échalas tout mou qui se tient comme ça.
– Il s'affaisse dans son fauteuil.
– Comme si ça ne le concernait pas. Il laisse échapper des onomatopées d'une voix mourante : "Ouais, je veux garder "le silence..." Un truc comme ça. "Très bien. Gardez le silence."
– Vous le mettez en examen pour...
– Les quatre assassinats.
– Pendant ce temps-là, Michel Courtois est toujours en prison.
– C'est toujours surprenant qu'un innocent s'accuse d'un crime. Courtois a dû se laisser entraîner par ses propres mensonges. Il avait la crème des policiers autour de lui, de la brigade criminelle de Versailles : "Allez, Michel..." Et il s'est laissé aller comme on peut faire le héros auprès de ses copains dans un bar. Il n'a pas mesuré que reconnaître un assassinat avait des conséquences autrement plus dramatiques que de fanfaronner dans un bar.
– Il reste des choses à vérifier.
– A ce moment-là, il faut s'assurer qu'il n'y a aucun lien entre les 2. On a récupéré l'arme du crime. On sait qu'elle a servi aux 4 crimes mais on n'avait pas encore l'explication des éléments scientifiques de M. Courtois qui s'était fermé et ne voulait plus nous répondre. c'est la poudre relevée sur les blousons et le sac de M. Courtois. Poudre dont les experts ont fini par déterminer la véritable origine.
– Il n'y a jamais eu de poudre d'arme à feu sur les vêtements de M. Courtois. Il y avait ce qu'on appelle "des particules compatibles avec des résidus de tirs" qui pouvaient s'expliquer par la profession de M. Courtois. Travailler dans le bâtiment et avoir du plomb, du baryum sur ses vêtements concerne beaucoup de gens. Si on arrêtait tous ceux avec ces particules, les prisons seraient encore plus remplies ! Cette appréciation erronée a conduit à un fiasco judiciaire.
– Yoni Palmier vient d'être arrêté. Là, vous vous dites : "Enfin !"
– Exactement. Je me dis : "Ça y est, tu vas sortir dans la semaine". Non.
– Vous restez combien de temps encore en prison ?