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Météo 2


diffusion le lundi 14 janvier 2019 à 14h11 sur France 2

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– Pierre: Régine... Elle expire bruyamment.
– Félix Bollaert : Vous vous souvenez de ce que vous essayiez de faire?
– Régine: De faire sortir le démon de mon corps. Tout simplement. Ça pouvait durer des heures car il n'y avait pas de fin. Si Pierre n'était pas intervenu, j'aurais continué des heures dans la même posture.
– Félix Bollaert : C'est difficile pour Pierre de voir ces images.
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– Régine: Oui.
– Pierre: J'ai filmé parce que je devais me protéger aussi. L'image mettait une distance entre moi et son délire. En 2004, j'ai commencé à écrire. Entre les 1ers symptômes et sa 1re hospitalisation, il y a eu de nombreuses années. j'essayais de minimiser, de banaliser. Il y avait les enfants autour. Quand elle avait ses délires, au niveau des couleurs, des pierres, je parlais de son côté artistique.
– Félix Bollaert : Vous dédramatisiez.
– Pierre: Les enfants ont vécu ça de manière terrible. Ils me demandaient ce que maman avait. "Elle ne nous aime plus?" j'essayais d'expliquer. "Parfois, elle se trompe entre la réalité et ses rêves." Je ne parlais pas de maladie. Il fallait les amener progressivement à accepter la maladie. Mais ça n'a plus été possible.
– Félix Bollaert : Pendant des années, vous n'avez pas pensé à cette maladie, la schizophrénie?
– Pierre: J'y ai pensé assez vite. Psychose ou schizophrénie, On avait ces mêmes symptômes d'hallucinations, de voix et de dépersonnalisation. Elle luttait entre le bien et le mal. Je ne pouvais pas faire grand-chose. Elle m'a même associé au démon. Elle me rejetait totalement. Je ne pouvais pas rester carje représentais le démon. Tout ce que je lui disais, elle me répondait: "Tu parles à la place du démon. Tu ne peux pas comprendre."
– Félix Bollaert : Vous vous en souvenez?
– Régine: Bien sûr. Je me souviens de tout. Au moment présent, quand les événements se passaient, je n'en avais pas conscience. Je n'arrivais pas à avoir conscience de ce qui se passait. Mais la conscience que j'avais, c'était la souffrance. Une souffrance terrible. Elle était surtout liée aux hallucinations. Elles se répétaient les unes après les autres.
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