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Afghanistan : voyage au coeur de la terreur

Enquête exclusive


diffusion le lundi 14 janvier 2019 à 0h40 sur M6

– Direction la vallée de Nijrab, à 150 km au nord-est de Kaboul, dans une zone sous le contrôle des talibans. Pour un étranger, le seul moyen de s'y rendre, c'est d'être escorté par un véhicule de la police et de rouler de jour, car la nuit, ce sont les talibans qui contrôlent les routes. Ici, comme dans la plupart des régions afghanes, le gouvernement ne contrôle que les villes et les principaux villages. La campagne environnante, elle, est aux mains des talibans. Après trois heures de route, nous atteignons enfin notre but: la vallée de Nijrab. 50 000 personnes vivent ici, sous la menace des talibans qui se cachent dans les montagnes entourant la vallée. Ceux qui empêchent les talibans de conquérir la région, ce sont eux, les membres de la police locale afghane, l'ALP. Leur chef, c'est le commandant Asadullah. Il a 50 ans, il a combattu plus de la moitié de sa vie, contre les Soviétiques, d'abord, puis contre les talibans.
– Je suis chef depuis 30 ans, depuis l'époque des moudjahidines du commandant Massoud jusqu'à maintenant. J'étais à la tête d'une brigade avant. J'avais 1200 hommes sous mes ordres et on vivait avec la population. Du coup, tout le monde me respecte ici.
– Dans sa guerre contre les talibans, Asadullah a même combattu aux côtés de l'armée française. Pendant quatre ans, 2000 soldats français étaient déployés ici. A cette époque, la région était plus sûre qu'aujourd'hui.
– Ferme la porte. après avoir perdu 88 hommes, la France se retire d'Afghanistan. Six mois plus tôt, Asadullah était présent sur ce marché, lors du dernier attentat suicide ciblant les troupes françaises.
– J'étais avec eux au check-point. Le commandant français avait planté une tente. Je lui ai dit de ne pas rester là. Puis je suis parti sur un autre check-point. C'est à ce moment-là qu'un kamikaze s'est fait exploser à côté d'eux. Les Français pensaient qu'il s'agissait d'une femme parce que le taliban portait une burqa. Je suis revenu au check-point pour m'occuper des blessés. 4 soldats français, 2 interprètes et 4 civils ont été tués.