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Afghanistan : voyage au coeur de la terreur

Enquête exclusive


diffusion le lundi 14 janvier 2019 à 0h40 sur M6

– J'ai planté 2000 m carrés de pavot, et maintenant, c'est le moment de récolter l'opium. Regardez, les enfants. Il faut inciser les bulbes, comme ça.
– On incise le bulbe et on attend que la sève s'écoule. Chaque tête de pavot peut donner jusqu'à 2 g d'opium brut.
– Laisse tomber les petits. Occupe-toi seulement des gros, comme celui-là, tu vois ?
– Et cette année, vous pensez récolter combien de kilos ?
– Je pense que cette année, on va pouvoir ramasser 5 kg. c'est une bonne ou une mauvaise année ?
– C'est une très bonne année.
– Après plusieurs heures, l'opium solidifié est recueilli à l'aide d'un racloir. L'opération se poursuivra jusqu'à l'épuisement du bulbe.
– Quand j'ai fini la récolte, le marchand vient au village. Il achète toute ma production et l'emporte avec lui.
– Chaque kilo d'opium brut rapporte 90 euros à la famille. Pour sept mois de travail, Abdullah Nan va donc toucher 540 euros, environ 200 euros de mieux qu'une récolte de blé. Juste de quoi acheter des biens de consommation courants et des médicaments.
– Et ici, c'est déjà arrivé que le gouvernement détruise des récoltes ?
– Cette année, ils n'ont rien détruit du tout. Alors, je ne sais pas si c'est parce qu'ils ont peur des talibans ou si c'est le gouvernement qui est trop faible. Allez, les enfants. On rentre.
– On estime que le commerce d'opium rapporterait environ 150 millions d'euros par an aux talibans. Alors, les Américains ont décidé de frapper fort. Mais pas question de toucher les paysans et de se mettre la population locale à dos. Ils ont décidé de cibler les laboratoires dans lesquels les trafiquants transforment l'opium en héroïne. Depuis novembre 2017, ils multiplient les raids aériens pour les détruire. Il y aurait 500 laboratoires répartis sur tout le territoire. Les Américains en détruisent une quarantaine chaque mois. Mais selon nos sources, il ne faut que quelques jours aux trafiquants pour en installer un nouveau. Une chose est sûre : pour l'instant, ces frappes ne semblent pas affaiblir les talibans. Et ça, nous allons nous en rendre compte sur le terrain.