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Les trésors de la parfumerie française


diffusion le dimanche 13 janvier 2019 à 0h55 sur France 5

– Parmi les innombrables trésors du château de Versailles, 2 000 orangers. Ils diffusent l'odeur préférée de Louis XIV : l'odeur du néroli, l'essence de fleurs d'oranges amères. L'un des parfums les plus fins et les plus subtils qui soit. Ces orangers, Louis XIV en était fou. Tellement fou, qu'en 1663, il commande à Jules Hardouin-Mansart, l'architecte du palais, une orangerie gigantesque. Orientée plein sud, elle est construite sous le parterre du Midi, pour que les arbres soient protégés du froid, l'hiver. Un bâtiment de 150 m, tout en puissance et en richesse. Une cathédrale-jardin. Ici, comme dans la Galerie des Glaces, le roi faisait venir ses plus prestigieux invités.
– A cette époque, l'oranger est vraiment symbole de luxe, de pouvoir et de richesse. En posséder un est signe de luxe. Louis XIV va entamer une collection et demande à ses ministres d'envoyer des émissaires un peu partout en France et en Europe. On sait qu'ils sont allés en Italie ou au Portugal. Pour rapporter des orangers et enrichir sa collection. La fleur de bigaradier est odorante. Davantage que d'autres espèces d'orangers. Le bigaradier avait été choisi pour distiller l'eau de fleur d'oranger. C'est une odeur légère, fruitée en même temps, mais aussi apaisante, enveloppante.
– L'eau de fleur d'oranger, extraite et distillée dans l'enceinte même du château par les parfumeurs du roi, si désinfectante qu'elle remplace à merveille l'eau. Car au 17e siècle, un fléau sévit de plus en plus. La peste. Elle fait des millions de morts. Tenue pour responsable, l'eau est utilisée avec parcimonie. On se méfie d'elle comme de la peste. Voilà pourquoi Louis XIV n'a pris que très peu de bains, un moment intime qu'il aimait pourtant et lors duquel il remplaçait l'eau par l'essence de néroli. Pour en retrouver la saveur, il faut faire revivre un endroit disparu. Le sublime appartement des bains, détruit au 18e siècle. Situé au rez-de-chaussée, sous les arcades, il a été reconstitué en gravure, à partir de la cuve royale aujourd'hui conservée à l'orangerie. Une enfilade de 5 pièces, tout en marbre, qui conduisait aux bains où le roi venait pour s'imprégner de parfum.