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C à vous la suite


diffusion le samedi 8 décembre 2018 à 1h20 sur France 5

– Elizabeth Tchoungui : Bienvenue chez Kafka!
– Antoine Genton : On a l'impression que c'est fait pour décourager les parents.
– Elizabeth Tchoungui : C'est terrible. En tant que parents, on est les seuls remparts contre l'exclusion de nos enfants. Cette MDPH, où on obtient des allocations et des AVS, c'est une sorte d'Everest kafka' l'en. Les dossiers sont traités sur des mois. Au bout de 15 mois, vous recevez une notification d'attribution...
– A.-E.Lemoine: Qui vous dit que votre enfant est handicapé à tant de pour cent?
– Elizabeth Tchoungui : Il faut rentrer dans le moule. Ce qui est terrible, c'est que c'est très différent selon le département. Parfois, ça se passe très bien. Parfois, c'est 16 mois pour avoir une notification d'attribution d'AVS. Certains parents, entre le moment où ils reçoivent le papier et le moment où l'AVS est arrivé, ont attendu 4 ans. L'enfant enfile des perles pendant ce temps? C'est un scandale.
– Antoine Genton : "Les Maternelles" est une émission qui apprend à être parent. C'est l'un des slogans. Vous écrivez que rien ne prépare à devenir parent d'un enfant autiste.
– Elizabeth Tchoungui : D'un enfant différent. Ce livre va parler à tous les parents d'enfants différents. Je connais des enfants dyslexiques qui sont déscolarisés parce que le moule français commence On a tous l'enfant fantasmé, quand il naît une première fois. Je suis très heureuse d'avoir un enfant différent parce qu'il m'a changée. Quand je vois la force de l'amour maternel, il m'a apporté une confiance que je n'avais pas en moi avant et ça se voyait dans mon métier. J'étais un peu en retenue. Maintenant, je peux soulever des montagnes. Je remercie le ciel de m'avoir donné Alexandre parce qu'il a fait de moi une autre femme plus sûre d'elle-même, plus douce, plus dans l'empathie. Plus tout, moi en mieux grâce à Alexandre! Un peu d'autosatisfaction ne nuit pas.
– Antoine Genton : Vous avez le souvenir d'avoir abordé ce sujet dans "Les Maternelles"?
– Karine Le Marchand : Bien sûr. Quand j'ai commencé à présenter l'émission, je me suis séparée du père de ma fille. J'étais maman célibataire, avec tous les doutes et la culpabilité qui vont avec. Tous les jours, les meilleurs spécialistes venaient et on faisait nos petites consultations gratos. J'allais à la rédaction etje disais: "Je n'ai pas fait ma rééducation du périnée. Tu peux me mettre ça la semaine prochaine?" "Refaire sa vie, les familles recomposées"...
– A.-E.Lemoine: Vous allez mieux depuis?
– Karine Le Marchand : Non, mais je ne culpabilise plus!
– Pierre Lescure : Vous précisez dans votre livre que 80 % des enfants autistes en France sont déscolarisés. En Italie, on approche de 0 %. D'où vient la différence? C'est un gouffre.
– Elizabeth Tchoungui : Ça vient de notre modèle français qui exclut. C'est un moule