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Les chemins de Jeanne


diffusion le samedi 8 décembre 2018 à 1h05 sur France 2

– "On n'en parlait même pas." Donc, l'espoir qu'on a, c'est ça, c'est qu'un jour on puisse parler de nous comme de pièces de musée. Ce serait plutôt sympa.
– Est-ce que ça t'a aidée d'avoir la foi pendant que tu souffrais ?
– C'est évident.
– Parce qu'on pourrait se dire : "Dieu, pourquoi moi? "C'est injuste !"
– C'est la question que je me suis posée au départ. J'étais très croyante, comme toute ma famille, envers Notre-Dame de Lourdes. En plus du "Je vous salue, Marie", je faisais chaque soir une prière à Notre-Dame de Lourdes. dans ma tête de petite fille, je ne comprenais pas pourquoi je ne guérissais pas, malgré cette prière. une de mes grandes questions. Je pense que c'est une question de confiance. Mais je ne sais pas, pour moi, c'était une évidence que Dieu ne voulait pas que je souffre, qu'Il compatissait, qu'Il était avec moi.
– Tu ne Lui en as jamais voulu ?
– Non, jamais. Ça a interpellé beaucoup de mes amis. J'ai toujours été scolarisée dans le public, avec des amis athées, qui ne connaissaient pas la foi et me disaient: "Mais pourquoi tu crois en Dieu ?" Et dans les IEM où j'allais pour les rééducations, j'étais quasi la seule croyante parmi les enfants malades qui disaient : "Si Dieu existait, on ne serait pas dans cet état." Je devais essayer de répondre à tout ça. Je me souviens d'une amie... J'avais 8 ans, juste après la perte de la marche. Elle me dit : "Mais qu'est-ce que ça t'apporte de croire en Dieu ?" J'avais répondu : "Et toi, de ne pas y croire ?" C'est peut-être le coeur de la question : qu'est-ce qu'on a à y perdre ?
– Et quelles réponses as-tu trouvées ?
– Il y en a beaucoup. et ça peut évidemment choquer, Que la maladie est un cadeau.
– En quoi ?
– Pour plusieurs choses. Déjà, pour l'humilité. C'est une vraie école d'humilité. Et ça m'a appris à ne pas m'appuyer que sur mes propres forces, comme on peut le faire de façon naturelle. Mais tout remettre entre les mains de Dieu. Dire : "Seule, je n'y arrive pas." J'ai souvent pensé : "Je n'y arriverai pas."
– Je ne te crois pas.
– Quand tes camarades, que tu as connus au Téléthon ou à l'hôpital, disparaissent, l'un après l'autre, comment tu le vis ?