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Les chemins de Jeanne


diffusion le samedi 8 décembre 2018 à 1h05 sur France 2

– Je suis heureuse d'être à vos côtés. Je sais combien de courage il vous faut pour être là. Vous avez regardé ce documentaire, une réaction ? J'imagine que vous êtes bouleversés.
– En même temps, c'est un très joli documentaire.
– Comment allez-vous ? Jeanne est entrée "en clôture", comme on dit dans ce monastère qu'elle a choisi le 16 octobre. plus d'un mois après ?
– Partagés entre la grande joie avec laquelle elle a pris cette décision et ce très bel envol. Et la déstabilisation de cette transition, amputée psychologiquement, et physiquement.
– "Amputés psychologiquement, Vous vivez un vrai deuil au quotidien. Ce sont vos équilibres qui s'effondrent.
– Il faut "réapprendre". Le terme est vraiment approprié. Jeanne occupait un tel espace intellectuellement, physiquement, jour et nuit, 24h sur 24.
– Toute la vie était organisée autour d'elle. Il fallait se lever la nuit, les journées étaient rythmées par les soins, par le fait de l'accompagner. C'est un grand vide pour vous et ses frères.
– Ça n'a jamais été un pivot pour la famille et la vie de famille. Son absence à ce point, c'est un état de manque réel, oui.
– Comment ça se passe ?
– On a reçu sa première lettre.
– Pas le droit de l'appeler? Elle a son portable ?
– Non. Pour raisons administratives, elle l'a encore. On échange quelques SMS, mais ça se borne à des transactions, rien de personnel. J'ai eu la chance de la voir il y a 2 semaines, j'y suis allé avec un oncle pour faire des travaux d'aménagement, doncj'ai pu la revoir et discuter avec elle.
– C'est terrible de se dire qu'à la fois, on doit l'accompagner dans son choix, c'est un choix qui l'habite, elle est tellement lumineuse lorsqu'elle en parle. En même temps, on doit faire le deuil de son enfant vivant.
– Oui. Je pense que la mère supérieure a eu ces mots magnifiques : lorsque mes larmes coulaient, que j'expliquais à la mère supérieure que ça n'était pas des larmes de rejet du projet de Jeanne, elle m'a dit combien elle comprenait: "Je comprends tout. Ce sontjuste des larmes de maman." Je dirais des larmes de parents.