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Les chemins de Jeanne


diffusion le samedi 8 décembre 2018 à 1h05 sur France 2

– Mais tout ça, ce sera porté par la grâce. Et eux aussi sont accompagnés par un prêtre qui les aide à vivre ma vocation que je leur impose. Ça se passera très bien.
– Tu ne pourras les voir qu'une fois par mois, la 1re année.
– Les premiers mois, une fois par mois. Ensuite, on a la grande année du postulat, où je vais voir si je suis capable d'être dans cette vie monastique. Et donc, je n'aurai qu'une seule visite de ma famille dans l'année. Après, on reprend le rythme d'une visite par mois.
– Qui va s'occuper de toi ?
– Les religieuses directement. On ne voulait pas faire venir des gens de l'extérieur. C'est aussi la vocation des soeurs de la Visitation de Ste-Marie d'accueillir des veuves, des pauvres, et des femmes de santé fragile. Donc elles vivent leur vocation à travers moi, et elles me permettent de vivre la mienne. Il y a une complémentarité parfaite entre nous, On entre dans une famille. On s'aime énormément. On se sent accueillie, là-bas, on se sent chez soi. Elles m'aideront. Ma mère leur a expliqué, elle a passé le relais. Ça s'est bien passé, en quelques jours c'était fait.
– Peux-tu changer d'avis ?
– Te réserves-tu le droit de changer d'avis ?
– C'est le contraire d'une secte ou d'une prison. Là, on y entre très difficilement, il y a 9 ans de formation, les soeurs votent pour notre entrée ou non. Et par contre, on en sort quand on veut.
– A 21 ans, tu n'as pas fait le tour de ta vie.
– 4 cursus universitaires, des licences réussies avec brio. Tu pouvais être professeure ou journaliste, et tout ça te paraît fade par rapport au choix que tu fais ?
– C'est un peu... C'est... Comment? C'est plus profond que ça. Au fond, ces métiers-là me plaisent vraiment. Vraiment. Mais au fond, après l'appel que j'ai reçu, il était évident que ma vie allait être ce don par amour à Dieu, aux autres. C'était une évidence. Ça ne pouvait être que ce don. J'ai pu faire tout ce que je voulais vivre. Même en tant que jeune femme, j'ai pu avoir la vie sociale que je voulais. Ce handicap ne m'a jamais empêchée de sortir, de mener la vie que je voulais mener, tant socialement qu'affectivement.