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Soir 3


diffusion le dimanche 11 novembre 2018 à 0h00 sur France 3

–  On est en train de passer de l'époque de la mémoire à l'époque de l'histoire et ces commémorations-là nous font vraiment entrer dans un nouveau temps de notre mémoire collective de la Première Guerre mondiale.
– Une histoire que les lycéens en visite à l'ossuaire de Douaumont, où reposent les restes de 130.000 soldats français et allemands, ont pu appréhender pleinement pour se souvenir.
– Bonsoir, Jean-Marie Laclavetine. Ecrivain, éditeur, vous êtes à l'origine de cet ouvrage: aux éditions Gallimard. Quel regard porter sur l'armistice de 1918 aujourd'hui? C'est la question que vous avez posée à la trentaine d'auteurs qui ont collaboré à ce projet. Le reportage que nous venons de voir illustre votre propos.
– J.M. Laclavetine : Oui, ce que je voulais donner à voir à travers ce recueil, qui est un recueil très ambitieux par sa forme, par les noms des auteurs qui y ont contribué, c'est qu'elle peut être aujourd'hui l'écho que nous recevons encore des bombardements de Verdun... Et essayer de le faire entendre par la voix des écrivains, c'est autre chose que par la voix des historiens. Les historiens sont irremplaçables, essentiels, mais les écrivains peuvent faire entendre les bruits. Il y a un texte dans ce recueil qui fait littéralement entendre les bruits des obus qui éclatent.
– Chacun livre sa version à des moments très différents du Les familles fracturées, l'odeur de la poudre qu'on sent à distance... Chacun donne sa vision intime ou imaginaire?
– J.M. Laclavetine : Oui, l'idée était de faire entendre des voix extrêmement différentes et venues de partout. Pas seulement des écrivains français... Il fallait évidemment des Allemands, des Anglais, mais il y a aussi un Japonais, une Rwandaise, un Algérien... Et aussi Jean-Christophe Rufin, qui avait une vision un peu philosophique de la guerre...
– Soulignons l'iconographie qui accompagne cet ouvrage: des gravures, des estampes souvent inédites de l'époque.
– J.M. Laclavetine : Oui, le choix a été fait par une historienne d'art qui connaît parfaitement la période.