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Alerte sous les tropiques : avec les gendarmes de Guyane

Enquête d'action


diffusion le samedi 10 novembre 2018 à 0h00 sur W9

– Ici, tout le monde travaille illégalement, et la monnaie d'échange est la pépite d'or. Elle vaut 30 euros le gramme. Il faut compter 1 gramme pour 3 bières et 3 grammes pour une passe. (Musique intrigante)
– Plus loin, Silvio, un Brésilien de 20 ans, arrivé illégalement en Guyane depuis plus d'un an.
– T'es venu pour quoi ici?
– Pour l'or.
– Pour travailler, ouais.
– Quoi par exemple ?
– Ici même ?
– Ici, partout... Dans le fleuve.
– T'as peur, toi ?
– Ouais.
– La loi de la jungle n'a jamais aussi bien porté son nom. Le moindre différend avec un plus fort se finit régulièrement dans le sang. Ily a quelques semaines, 2 garimpeiros ont été victimes de règlements de compte. Leurs corps ont été retrouvés démembrés dans le fleuve. Des meurtres impunis en France, c'est ce que veulent éradiquer Nicolas et l'autorité de Guyane. Pas question de laisser les orpailleurs créer des villages sans foi ni loi dans la République. Ici, le plus gros du campement est donc détruit et brûlé. Une méthode radicale, mais qui reste un petit moyen d'action. Les garimpeiros reconstruiront de toute façon tout, c'est une question de temps.
– L'objectif sera de tenir ce point pendant plusieurs jours... pour empêcher les garimpeiros de reprendre leurs activités. Et à partir de là, les troupes vont pouvoir rayonner pour fouiller la zone et retrouver le matériel qui a été caché.
– Le groupe armé d'une cinquantaine de militaires va détruire tout ce qui peut servir de près ou de loin aux orpailleurs. Quant aux petites mains présentes sur le camp, elles ne seront pas inquiétées. Les militaires vont devoir rester une dizaine de jours pour ralentir au maximum la reprise de l'activité illégale. Une goutte d'eau dans un océan de verdure, mais une goutte d'eau indispensable pourjuguler un tant soit peu la criminalité de la jungle. Une criminalité qui est surtout dûe à la pauvreté des pays voisins : le Brésil et le Suriname. Surveiller les frontières de la Guyane est quasi impossible. A l'ouest du département: Saint-Laurent-du-Maroni. C'est la seconde commune la plus peuplée de Guyane, sa croissance démographique En moins de 20 ans, sa population a doublé, notamment dûe à l'immigration clandestine venue du Suriname sur la rive opposée.