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Soir 3


diffusion le samedi 10 novembre 2018 à 0h30 sur France 3

– Y sont gravés les noms des 72.000 soldats disparus en 14-18 dans la Somme. Emmanuel Macron rentre à Paris ce soir, avant un long week-end de
– Les commémorations de l'armistice de la Grande Guerre: s'agit-il de célébrer la victoire militaire ou le retour à la paix? Nous en parlons avec Bruno Cabanes, bonsoir. Historien, vous enseignez aux Etats-Unis depuis quinze ans. Votre actualité, c'est cet ouvrage, "Une histoire de la guerre, du XIXe siècle à nos jours", aux éditions du Seuil. Le deuil, c'est le sentiment dominant du soir du 11 novembre, l'heure n'est pas du tout à la joie, il y a toutjuste 100 ans...
– B. Cabanes : Non, les premiers gestes des soldats dans leurs tranchées, ce n'est pas de se réjouir, c'est de se serrer la main avec sobriété, parfois de pleurer d'émotion, et d'aller enterrer leurs camarades qui se trouvent à quelques mètres d'eux, dans le no man's land, attendant une sépulture.
– S. Aramon : En quoi ce conflit a-t-il été un tournant dans l'histoire de la guerre moderne?
– B. Cabanes : Par sa férocité, sa violence extrême liée à l'utilisation massive de l'artillerie ou de nouvelles armes, comme les gaz. Mais aussi le fait que les civils ne sont pas épargnés et que toutes les familles sont touchées par le conflit.
– S. Aramon : 1,4 million de soldats français tués...
– B. Cabanes : 10 millions de morts à l'échelle mondiale.
– S. Aramon : Oui, c'est du jamais vu. Aucune famille française n'est épargnée...
– B. Cabanes : C'est assez étrange qu'un siècle plus tard ce conflit touche autant les familles, mais c'est la première fois, je crois, dans l'histoire moderne, qu'un événement global touche l'intimité de chaque famille à l'échelle mondiale.
– S. Aramon : La conscription est généralisée, chaque famille est impactée, tout le monde va au front...
– B. Cabanes : Oui et la mobilisation, ça ressemble à cet extraordinaire tableau qu'on trouve gare de l'Est, peint par un Américain, qui représente son fils qui va mourir dans les combats, des hommes et des femmes en train de se séparer sur un quai de gare, avec les hommes déjà en pantalon...