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C à vous


diffusion le jeudi 14 décembre 2017 à 23h30 sur France 5

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– Il font des toilettes très vite, parfois en 3 ou 4 minutes. Ils doivent lever et coucher les pensionnaires très vite. Ils ne sont pas assez nombreux. Certains savent mal faire, du moins du mieux qu'ils peuvent.
– Anne-Elisabeth: C'est une maltraitance organisationnelle inconsciente?
– Frédéric Pommier : Oui, de la maltraitance sociale ou d'Etat.
Les personnes âgées dépendantes vont être de plus en plus nombreuses, d'après les estimations. En 2070, elles seront plus de 6 millions à avoir plus de 85 ans. Les personnes qui sont dans ces établissements ne sont pas les mêmes que celles qui les fréquentaient il y a 20 ans. Elles étaient plus jeunes et avaient moins de pathologies. Le personnel n'est pas forcément formé au handicap et aux pathologies des personnes d'un très grand âge.
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– Anne-Elisabeth: Il y a aussi le vide des heures qui s'étirent, les journées interminables où les pensionnaires sont livrés à eux-mêmes. A quoi ressemblent les journées de Suzanne? Elle nous regarde?
– Frédéric Pommier : Elle ne nous regarde pas ce soir. Je pense qu'elle est devant sa soupe. Je ne l'ai pas prévenue de ma présence ici. Je lui dirai plus tard. Elle regardera plus tard. Suzanne ne passe pas ses journées à végéter, contrairement à d'autres. Certains sont contraints de regarder la télévision toute la journée. Suzanne s'occupe. Elle lit, reçoit des gens, s'instruit, écoute les informations... Elle lit énormément tout ce qu'on lui apporte. Elle est plutôt en forme.
– Anne-Elisabeth: Elle va déménager dans un autre établissement.
– Frédéric Pommier : Oui. Une chambre s'est libérée dans un autre établissement. Elle n'est pas certaine que ce sera beaucoup mieux, mais elle se dit que ça ne peut pas être pire. Elle attend ce moment avec une vraie joie de vieille dame de 95 ans en se disant qu'elle est toujours là et que rien ne peut lui arriver de pire. Elle va continuer à lire et à sourire à la vie.
– Anne-Elisabeth: Et sa voix porte.
– Frédéric Pommier : C'est important parce que c'est la fin de vie, à partir de 95 ans. Mais ce qui compte, c'est le mot "vie". C'est de la vie.
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