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Le berceau africain

Quand Homo sapiens peupla la planète


diffusion le jeudi 14 décembre 2017 à 9h25 sur Arte

– La boîte crânienne est plus arrondie dans telle région, le front plus haut dans telle autre et la mâchoire plus petite encore ailleurs. Comment ces caractéristiques ont-elles fusionné pour former l'homme moderne ? Au moment de l'apparition de notre espèce, différents groupes humains devaient être en contact. Leurs membres se sont peut-être rencontrés et accouplés, échangeant ainsi leurs gènes. C'est l'hypothèse défendue par l'anthropologue John Hawks. Il est convaincu que des réseaux sociaux s'étendaient à travers tout le continent. Il suffisait que chaque groupe soit en contact avec son voisin pour que le lien soit maintenu sur d'immenses territoires.
– Partout en Afrique, les archéologues ont découvert ce types de coquillage. Celui-ci appartient à l'espèce Nassarius. Il est perforé car il était porté en parure sur un fil. On en a trouvé en Afrique du Nord, en Afrique du Sud et en Israël. A des milliers de kilomètres de distance, les coquillages, la technique et l'intention sont les mêmes. Tout le monde peut ramasser un coquillage et s'y intéresser, mais réfléchir à la manière de le perforer et de le porter et créer ainsi un signe, ça relève d'un concept bien précis. Cette diffusion des idées sur de longues distances semble indiquer que les groupes voyageaient d'un territoire à l'autre. Les idées circulaient et les gènes, aussi. Parce que quand les humains entrent en contact les uns avec les autres, ils s'accouplent, font des enfants, les populations se mélangent. C'est ainsi que des groupes très différents, dans leur apparence et leurs manières d'agir, se sont fondus peu à peu en une seule communauté qu'on appelle "les hommes modernes". Coups de tonnerre
– Au cours des millénaires, les variations climatiques ont affecté les déplacements des hommes préhistoriques. Aux mauvaises périodes, l'Afrique était si aride que le Sahara devenait une barrière infranchissable, mais lorsque le climat se faisait plus clément, les déserts disparaissaient. Un trait d'adaptation qui apparaissait quelque part pouvait alors se diffuser n'importe où sur le continent, aussi facilement que la technique de perçage des coquillages.