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Matisse illuminé par Nice

Invitation au voyage


diffusion le jeudi 14 décembre 2017 à 8h00 sur Arte

– Il crée alors le "Nu bleu", son chef-d'oeuvre qui célèbre la beauté de la femme.
– L'hiver, la lumière prend un caractère particulier, on a beaucoup plus de profondeur, et la ligne d'horizon se relève, et alors là, la mer apparaît réellement ici, de Cimiez, comme un plan. Donc, ce bleu prend un aspect beaucoup plus abstrait, et on le retrouve dans la peinture de Matisse, cette peinture de la dernière période ou les grandes gouaches découpées C'est un bleu vivant. Quand vous regardez l'eau, elle est vivante, elle scintille. Quand on imagine ce plan de couleur bleu au fond qu'il voit là, de son atelier de Cimiez, c'est un plan qui est mouvant. Voilà, il est vivant.
– Une lumière qui, toute sa vie, n'a cessé de le guider. Nice a été, pour lui, une rencontre, le lieu idéal de sa création.
– Les Russes appréciaient aussi la baie des Anges. C'est l'encadré de Thomas Chauvineau.
– Elle devrait s'appeler la "Promenade des Russes".undefined
La Côte d'Azur attire les fils et les filles de Pierre le Grand. Après la chute du communisme, à la fin du XXe siècle, des milliardaires se sont installés dans les villas du Cap d'Antibes ou de Saint-Jean-Cap-Ferrat. Les Niçois regardaient bizarrement leurs frasques venues de loin. Untel fait construire une cabine à neige près de son sauna pour se rouler dans la poudreuse, même en août. Un autre bâtit un tunnel qui va de son château à sa piscine, sans passer par le parc. C'est tellement pratique ! Depuis, on s'est habitués. Le tovaritch bling-bling a baissé d'un cran, et la Riviera s'est adaptée. A Nice, on peut commander son steak tartare sur des cartes écrites en cyrillique. Dans les épiceries fines, ily a du caviar ou des pirojkis. Une ligne de train Moscou-Nice 3 300 km en 50 heures. Et le consulat, situé à Marseille, crée une antenne niçoise. Sous les cieux azuréens, les dômes des églises narguent le soleil de la côte. La grande Saint-Nicolas à Nice, Saint-Michel-Archange à Cannes. Et comme on vit dans le coin, on y meurt aussi. Le cimetière de Caucade accueille les âmes slaves défuntes. Lénine et le dramaturge Tchékhov viennent là goûter la plénitude et peut-être aussi des pissaladières.