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Matisse illuminé par Nice

Invitation au voyage


diffusion le jeudi 14 décembre 2017 à 8h00 sur Arte

– Non loin de là, c'est aussi l'époque où on construit de majestueuses villas de style hispano-mauresque. Matisse se pose au 3e étage de cet immeuble baroque de couleur miel. La façade du bâtiment ferme l'extrémité du cours Saleya, au-dessus de l'agitation du marché et de ses petits restaurants. Une atmosphère qui lui rappelle ses voyages en Afrique du Nord ily a quelques années et dont il va s'imprégner pour explorer un nouveau style.
– Matisse peint "Les Odalisques" lorsqu'il arrive essentiellement ici, dans ce palais Ca' l's de Pierlas. C'est à la fois un souvenir de ses voyages en Orient et c'est à la fois l'inspiration de tout cet orientalisme qui entoure Nice à cette époque. Aussi bien le cinéma que l'architecture est dans une mode orientaliste. Il a ramené des vêtements qu'il donne à ses modèles. Son modèle, c'est Henriette, c'est une bonne Niçoise qu'il a trouvée au studio de la Victorine, mais qu'il habille comme une odalisque avec le haut dénudé et les grands pantalons orientaux.
– C'est une période très prolifique pour Matisse. En même temps, il prend goût aux plaisirs locaux. On le voit au club nautique. Chaque matin, il emprunte une barque pour aller ramer. Matisse a aussi une petite bande de copains artistes chez qui il puise des idées, certains des plus grands talents de l'époque, avec qui il arpente les ruelles et les restaurants du vieux Nice.
– Matisse allait se promener avec Jules Romain, avec Maeterlinck, avec Stefan Zweig, avec Aragon... Son ami Bonnard venait le voir, et lui-même allait lui rendre visite à Cannes. Matisse était à la fois un peintre solitaire parce qu'il aimait son calmé, sa sérénité, et à la fois, il avait besoin, comme tous les grands artistes, de se frotter aux autres grands artistes de son époque, que ce soit des peintres ou des écrivains.
– On est maintenant dans les années 30. Matisse se sent à l'étroit, il a la bougeotte, alors il prend de la hauteur. Il faut monter jusqu'à la colline de Cimiez où s'élèvent les plus belles demeures de la ville pour retrouver sa trace et grimper jusqu'au Régina, un hôtel Belle Epoque imposant, plus luxueux, plus tranquille.