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Matisse illuminé par Nice

Invitation au voyage


diffusion le jeudi 14 décembre 2017 à 8h00 sur Arte

– Et toute proche, l'île Saint-Louis, un cocon aristocratique en plein coeur de la capitale. C'est aussi "l'île des palais" en raison de ces somptueux hôtels particuliers construits au XVIIe siècle. A peine dix rues, des quais ultra romantiques, cinq ponts la relient au tumulte urbain. Pas de stations de métro, pas de boulevards embouteillés, un petit air de vacances et des glaces tout au long de l'année. Incontournable île Saint-Louis qui cache une tout autre histoire. Celle d'un club psychédélique qui secouera la quiétude de l'île. Il s'appelle le "Club des haschichins". C'est l'ancêtre du coffee shop, version sélect. En font partie Baudelaire, Balzac et Delacroix. Entre 1844 et 1849, ces artistes et d'autres y consomment une substance illicite pour une étude médicale. L'historien de la médecine, Jean-Jacques Yvorel, nous introduit dans ce cercle toxico-artistique.
– Des gens s'y réunissaient, essentiellement des artistes, pour manger de la confiture. Une confiture un peu particulière parce que parmi les ingrédients, on trouvait le haschich.
– L'expérience se passe à l'hôtel de Lauzun, une riche bâtisse qu'un baron loue à des artistes. L'immeuble est sobre de l'extérieur, mais son intérieur est éclatant de luxe avec des boiseries de style Louis XIV. Baudelaire y loue un B-pièces sous les combles, mais les rendez-vous auront lieu au 2e. Ces réunions sont organisées par le Dr Moreau de Tours. Il est aliéniste, un psychiatre. Il souhaite étudier les effets d'une herbe méconnue en France. Il l'a rapportée d'une expédition napoléonienne.
– Le voyage dure 3 ans, et donc il va visiter la Nubie, la Palestine, l'Egypte, la Syrie, l'Irak... Il va s'intéresser aux malades mentaux, enfin, à leur prise en charge dans ces régions, et il va découvrir cette substance qu'est le haschich. A l'époque, on ne le fume pas, contrairement à aujourd'hui, on le mange dans une substance appelée le "dawamesc", un mélange de miel, pistache, toutes sortes de substances aromatiques et de haschich, bien sûr.
– Selon Moreau de Tours, si on parvient à analyser les effets de cette drogue, à interpréter les états hallucinatoires, on pourra mieux comprendre comment on devient fou.